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L’extraordinaire odyssée du Wiktionnaire

actualités - 2 mai, 2016 - 09:30

Lyokoï, wiktionnariste et référent du groupe local de Lyon – aussi connu sous le nom de “cabale de la quenelle” – retrace pour notre blog le chemin parcouru jusqu’à la création de la première Wikipermanence au monde autour du Wiktionnaire. Un récit vivant et plein d’humour, à la découverte d’un projet moins bien connu que sa grande sœur Wikipédia.

Le Wiktionnaire fait partie des projets Wikimédia, impulsés par la Wikimedia Foundation. Son objectif est de « définir tous les mots de toutes les langues dans toutes les langues ». Il existe en 172 langues, est fondé sur un système de wiki et son contenu, librement réutilisable, est publié sous licence CC-BY-SA. Image : logo du Wiktionnaire – Smurrayinchester – CC-BY-SA 3.0

Genèse d’une idée

« Tiens ? T’es sur le Wiktionnaire toi aussi ? » Tout a commencé ainsi. Depuis, quelque chose d’inédit s’est mis en place en France : la seule et unique Wikipermanence (réunion informelle et régulière autour d’un projet lié à l’univers Wikimedia) du monde uniquement dédiée au projet du Wiktionnaire.

Mais revenons au commencement : Lyon, une ville où il fait bon vivre, et surtout bon manger, accueille un groupe local de Wikimédiens important. Une vingtaine de personnes se réunissent ainsi régulièrement pour discuter, boire un coup, mais surtout ripailler. Fait inhabituel pour ce groupe, il dispose d’une forte représentation de wiktionnaristes – c’est-à-dire, contributeurs au Wiktionnaire – alors qu’ils sont peu nombreux dans le reste du pays. Cette prise de conscience de leur existence mutuelle les a amenés à un coup de génie à la fin de l’année scolaire 2014-2015 : tenir une permanence pour parler de ce projet.

Première étape : le lieu et les personnes

Il existe à Lyon un lieu génial pour les philologues, répondant au doux nom de KoToPo, qui en espéranto signifie : « etc ». C’est un bar, tenu par l’association Mille et une langues, qui, envers et contre tout, s’est donné pour objectif d’apprendre au plus grand nombre de personnes possible une des 45 langues enseignées en son sein. Dictionnaire – Langue ? Le lien est évident. Il n’a pas fallu longtemps pour que Noé, un membre appartienne aux deux entités et lance l’idée que la minorité agissante du Wiktionnaire pouvait bien former les apprentis du KoToPo à utiliser ce dictionnaire en tant qu’outil d’apprentissage d’une langue.

Ainsi fut-il : tous les premiers jeudis du mois, de 17h à 20h (officiellement, mais ça a tendance à déborder…), un groupe de 3-4 personnes se réunissent pour présenter le projet aux curieux et pour discuter entre eux. Les curieux sont peu nombreux, mais certains sont devenu des contributeurs occasionnels, et c’est ce que l’on pouvait espérer de mieux.

Cet espace de discussion de vive voix bouleversa le petit monde du Wiktionnaire (enfin petit… si on regarde les chiffre, c’est plutôt le contraire : presque 3 millions de mots venant de presque 4000 langues y sont décrits). En effet, depuis que ces wiktionnaristes disposent d’un temps dédié au débat autour du Wiktionnaire, ils ont formalisé de nombreuses avancées.

Deuxième étape : porter la bonne parole et impliquer la communauté

Cette permanence est par ailleurs directement issue d’une série de conférences que j’ai pu donner, depuis septembre 2014, en sillonnant la France pour présenter le Wiktionnaire à des publics très variés : lexicographes, linguistes, locuteurs de langues régionales, enseignants, libristes, etc. Les compte-rendus de ces interventions, établis de manière quasi-systématique, donnent souvent lieu à des retours de la part de la communauté en vue d’améliorer la visibilité du projet.

Cette même communauté fait preuve d’une grande curiosité quant à son propre fonctionnement ainsi que de l’avancement de son projet. Certains questionnements ont pu se mettre en place grâce au rassemblement quasi mensuels des Lyonnais. En effet, il n’est pas rare qu’un minimum de wiktionnaristes soient présents et engagent une discussion sur leur sujet préféré (après les bugnes, cela va sans dire !) : le Wiktionnaire.

Troisième étape : des projets pilotes pour inspirer la réflexion

C’est ainsi que s’est d’abord construit le projet WikiFromages (en écho au WikiCheese sur Wikipédia) qui amena notre communauté de Wiktionnaristes lyonnais à s’interroger sur de multiples facettes cachées du projet :

  • réflexion sur les annexes et les thésaurus ; proposition de les intégrer par défaut dans la recherche de base ;
  • mise en place d’une réflexion et d’un début de protocole sur l’intégration du gaulois, qui pourra servir à terme à d’autres langues mortes partiellement écrites ;
  • établissement du premier bilan annuel du Wiktionnaire ;
  • proposition et mise en place de l’actualité mensuelle du projet ;
  • retravail des pages d’aides et de convention ;
  • changement de mise en forme des signes de prononciation pour rendre compte de la diversité…

Au-delà des questionnements propres au fonctionnement du Wiktionnaire et à ses potentialités en tant qu’outil, l’analyse du projet a changé et une vraie réflexion s’est mise en place. Que peut-on faire avec le Wiktionnaire ? Quelles sont ses limites ? Comment l’améliorer ? Qui en a besoin sans le savoir ? Comment faire connaître le projet ?

Quatrième étape : partager avec d’autres le chemin parcouru

On peut considérer, grâce au chemin parcouru, que le Wiktionnaire français fait parti des petits projets les plus actifs de la Wikimedia Foundation, et qu’il a beaucoup à apprendre aux autres. Lorsque nous avons pris conscience de cela, nous sommes allés voir comment cela se déroulait ailleurs. Les anglophones vivant dans des lieux très éclatés ont actuellement énormément de mal à se rassembler, les autres petits wikis sont malheureusement souvent trop peu peuplés pour disposer d’une base de contributeurs minimale. Dans cette optique, nous proposons de partager notre cheminement lors de la Wikimania 2016, qui aura lieu en juin en Italie, où notre proposition de conférence a été acceptée (en plus d’une câlinothérapie entre petits projets).

Si l’encyclopédie Wikipédia est de mieux en mieux comprise par les professionnels du savoir, les autres projets sont encore complètement dans son ombre et leur milieu est souvent à des kilomètres d’une réflexion poussée (environ un centaine d’étude pour le Wiktionnaire contre plus de 5000 pour Wikipédia, toutes langues confondues pour les deux projets). A titre d’exemple, les éditions Larousse et Robert ont découvert l’ampleur du projet Wiktionnaire lors de ma conférence aux Journées Des Dictionnaires en février 2015…

Mais l’avenir est de toute façon radieux : parce que les projets sont libres et que les idées sont folles, parce que les besoins de sauvegarde linguistique sont phénoménaux et les données gigantesques (comptez plusieurs milliers d’entrées par langues, pour plus de 7500 langues), parce que tout le reste n’est finalement pas assez pour ceux qui veulent partager leur savoir et parce qu’il faudra toujours des petits projets pour qu’ils deviennent grands…

« Quoi ? Encore un wiktionnariste ? » est désormais une réflexion commune dans la cabale de la quenelle à Lyon.

Lyokoï

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Liberté de panorama : le Sénat persiste dans l’erreur et signe !

actualités - 28 avril, 2016 - 17:01
Comme nous vous le disions mardi, de nombreux sénateurs ont soutenu notre vision de la liberté de panorama. Le sujet de la liberté de panorama aura déchaîné les passions tant à droite qu’à gauche. Malheureusement, tardivement, la lourde machine des lobbies de l’industrie culturelle s’est mise en marche, de manière pour le moins efficace.Le sénateur Assouline, grand porte-parole des sociétés d’ayants-droit, nous parle de la « population d’artistes la plus fragile », « sous le seuil de pauvreté », pour défendre les architectes et les sculpteurs ayant vendu leurs ouvrages à des collectivités territoriales. La sénatrice Robert instrumentalise, quant à elle, la cause des photographes professionnels alors que les droits de ces derniers ne sont pas touchés par la liberté de panorama (nous vous le disions, ils en seraient pourtant même les premiers bénéficiaires).

Néanmoins, le combat ne fut pas vain. Bien au contraire. En voyant les courageuses positions prises par les sénateurs Chaize, Leconte et Rome, nous constatons que nos parlementaires peuvent faire preuve de pragmatisme et évoluer avec leur société. Malgré cela, plusieurs sénateurs n’ont pas tenu compte des réalités d’Internet en faisant voter un amendement inapplicable.

Le séanteur Assouline se félicite d’une prise en compte des usages d’Internet faite « sans barrages conservateurs ». Il fait cependant preuve de méconnaissance du droit lorsqu’il reconnaît que, jusque là, le particulier pouvait être poursuivi, mais qu’aujourd’hui, en déposant une photo sur un réseau social seule la plateforme pourrait être incriminée. Or, c’est bien le particulier qui signe les conditions générales d’utilisation permettant l’utilisation commerciale de sa photo. A ce titre, le sénateur Chaize rappelle que les sénateurs sont également là pour défendre le particulier en danger, qui jusque là, n’a été représenté par personne. Ils étaient pourtant près de 19 000 à demander une liberté de panorama applicable.

Malgré les efforts remarquables de l’industrie culturelle pour rendre cette loi inopérante, nous pouvons, néanmoins, nous réjouir du fait que le principe de liberté de panorama ait eu un tel impact médiatique et politique. La sénatrice Mélot, rapporteur sur ce projet de loi, conviendra même du fait qu’il s’agissait d’une « exception justifiée ».

A l’instar de la sénatrice Mélot, nous pensons que cette liberté est appelée à évoluer. Deux occasions se présenteront : la discussion en Commission Mixte Partiaire et celle de la révision de la directive européenne sur le droit d’auteur. D’autant que notre gouvernement, par la voix d’Axelle Lemaire, est désormais favorable à cette exception.

A ce sujet, n’hésitez pas à répondre, comme nous, à la consultation européenne sur la liberté de panorama.

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Projet de loi numérique : début des débats au Sénat

actualités - 26 avril, 2016 - 16:01
Les débats sur le projet de loi « pour une République numérique » ont commencé cet après-midi, et se poursuivront jusqu’à jeudi, vers l’adoption du projet de loi par vote solennel le 3 mai.

De nombreux sénateurs, de tous bords, ont entendu les 19 000 signataires de notre pétition. En effet, durant toute la phase au Sénat, 36 sénateurs ont, et vont, soutenir notre vision de la liberté de panorama, à travers 5 amendements.

16 sénateurs en commissions (3 amendements), puis 30 en séance (2 amendements) demandent une liberté de panorama fonctionnelle. Aucun amendement n’a été déposé pour demander le retrait de la notion de liberté de panorama tant cette exception est justifiée.

Ainsi, nous vous livrons la liste de ces 36 sénateurs, accompagnés des liens vers les textes d’amendements :

Jérôme Bignon
Jean Bizet
François Bonhomme
Gilbert Bouchet
François Calvet
Agnès Canayer
Caroline Cayeux
Patrick Chaize (amendements n°COM-187 et n°71)
Gérard Cornu
Philippe Dallier
Dominique De Legge
Louis-Jean De Nicolaÿ
Catherine Deroche
Dominique Estrosi Sassone
Bernard Fournier
Joëlle Garriaud-Maylam
Jean-Pierre Grand
Loïc Hervé
Jean-François Husson
Fabienne Keller
Claude Kern (amendement n°COM-158)
Marc Laménie
Robert Laufoaulu
Philippe Leroy
Michel Magras
Didier Mandelli
Patrick Masclet
Philippe Mouiller
Cyril Pellevat (amendement n°COM-154)
Jean-François Rapin
Yves Rome (amendement n°196)
René-Paul Savary
Jean-Pierre Sueur
André Trillard
Michel Vaspart
Alain Vasselle



Les débats sur la liberté de panorama devraient avoir lieu demain en fin d’après-midi ou en soirée (article 18 ter du projet de loi). N’hésitez pas à suivre ici les débats en direct.

Il est toujours temps de signer notre pétition !. Articles pouvant vous intéresser:

Retour sur la première journée contributive sur l’entrepreneuriat social à Paris !

actualités - 26 avril, 2016 - 12:56

Pierre Chevelle, à l’initiative du projet-livre “Changer le monde en 2 heures” revient pour nous sur la tenue du premier edit-a-thon sur l’entrepreneuriat social à Paris.

Les participants à l’edit-a-thon entrepreneuriat social – par Jérôme Bonpierre – CC-BY-SA 4.0

Dans le cadre du mois de la contribution s’est tenu le premier edit-a-thon sur des projets solidaires samedi 19 mars 2015 à Paris. Avec le soutien de Wikimédia France, cette journée contributive, organisée par Changer le monde en 2 heures et le Noise, a rassemblé 60 participants pour créer et enrichir les articles Wikipédia de projets solidaires. Après une introduction aux principes de Wikipédia et à la contribution par un administrateur, les participants ont travaillé en petits groupes sur un article parmi un corpus d’articles éligibles préparé en amont.

Au total, les participants, débutants pour la majorité, ont créé et enrichi les articles Wikipédia d’une quinzaine de projets solidaires parmi lesquels le Mouvement Colibris de Pierre Rabhi, le collectif Disco Soupe ou l’association Passerelles & Compétences. Dans une ambiance bienveillante, le prix du meilleur article a été remis à l’équipe de l’article microDON et celui de la plus grosse « galère » à l’équipe de l’article des Gueules Cassées.

Qu’en ont pensé les participants ? Quelques retours :

« J’ai appris à rédiger un article en respectant les codes de Wikipédia, notamment la neutralité et l’objectivité. »

« Merci à notre wikipédien qui nous a maternés car il a bien compris qu’on débarquait sur la planète Wikipédia ! »

« Je suis fière de moi et j’ai envie de continuer à contribuer à Wikipédia ! »

Merci aux 11 wikipédiens venus prêter main forte aux débutants et aux partenaires de l’événement. On espère renouveler l’événement l’an prochain pour continuer à rendre le savoir accessible à tous et former de nouveaux contributeurs à l’encyclopédie !

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Liberté de panorama : contradictions de toutes parts !

actualités - 13 avril, 2016 - 15:41
Mercredi dernier, nous vous avions partagé le sort de la liberté de panorama après son passage en commission culture, puis en commission des lois du Sénat. Les débats n’étant pas diffusés en direct, vous pouvez simplement retrouver, depuis quelques jours, leur transcription en deux comptes rendus (ici celui de la commission culture, et, ici, celui de la commission des lois). Il convient de revenir sur les arguments en faveur d’une restriction “non-commerciale“, qui ont été déployés à cette occasion.

Une exception commerciale au détriment des architectes et artistes plasticiens ? FAUX !

Si la sénatrice Mélot semble se féliciter de l’inscription de la liberté de panorama dans le projet de loi « pour une République numérique », elle indique :

Si la France est effectivement l’un des derniers pays à autoriser l’exception de panorama, très rares sont ceux qui permettent un usage lucratif de cette liberté, dans la mesure où il se ferait au détriment des architectes et des artistes plasticiens.

Cette allégation est erronée à double titre :

1) Les pays permettant l’utilisation commerciale sont majoritaires au sein des états membres de l’Union européenne. En effet, sur les 82 % des états membres ayant adopté la liberté de panorama, 74 % d’entre eux ont une liberté de panorama commerciale. Seuls 6 pays ont une liberté de panorama non-commerciale (la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie).

Carte des législations européennes basée sur l’œuvre de King of Hearts et Quibik [CC BY-SA 4.0]

Gris très foncé : liberté de panorama, y compris dans les intérieurs publics
Bleu
 : liberté de panorama, y compris dans certains intérieurs publics
Bleu clair
 : liberté de panorama, y compris pour les œuvres d’art
Gris
 : liberté de panorama, pour les bâtiments uniquement
Orange
 : liberté de panorama, pour les usages non commerciaux uniquement
Rouge
 : Pas de liberté de panorama



2) Également, sur la base des chiffres d’une étude du Conseil des architectes d’Europe, nous nous apercevons que dans les pays où il existe la liberté de panorama, les architectes sont les mieux payés.

Cette disposition est donc une véritable opportunité économique pour ces créateurs sans jamais remettre en cause leur droit moral.

En Estonie, par exemple, ce sont toutes les associations d’architectes qui demandent à ce que leur liberté de panorama aille au-delà du non-commercial !

Une exception commerciale au détriment des photographes ? FAUX !

Corinne Bouchoux, sénatrice écologique de Maine et Loire ajoute :

Je suis sensible à la situation des photographes : ils ont beaucoup de mal à gagner leur vie. Or, cette disposition pourrait leur porter préjudice.

Nous ne voyons pas en quoi une liberté de panorama commerciale nuirait à la profession, bien au contraire ! Sans restriction “commerciale” les photographes professionnels n’auraient plus à demander une autorisation, pour chaque photographie d’un monument ou d’une sculpture, aux ayants-droit, ni à payer un droit de reproduction. Cela faciliterait, par conséquent, leur travail.

A ce sujet, voici quelques commentaires laissés par des photographes sur notre pétition :

Je signe parce que je suis aussi photographe. Dans chaque pays où je vais, je n’aimerais pas devoir demander une autorisation chaque fois que je fais un cliché.
Gérard MAVEL, Mulhouse, France

Je suis un photographe averti et essaye de publier mes plus belles photos dans les Commons de Wikipédia et suis parfois débouté pour avoir photographié, de près, un bâtiment historique.
Guy LEBÈGUE, France

Je signe car je suis photographe et trouve anormal que de tels monuments historiques soient interdits de photo !
Damien LECARPENTIER, Outreau, France

Je suis moi même reporter photographe et je sais combien ces restrictions sont ridicules et tout à fait invraisemblables.
Gotin MICHEL, France

Photographe, je trouve ces restrictions inadmissibles !
Christophe CUENOUD, France

Je suis étudiant en photographie et j’estime que ces mesures sont contraires à la liberté d’expression.
Philippe LAMBERT, Vivegnis, Belgique

Parce que vivre de la photo n’est déjà pas facile…
Laurent Laveder, pluguffan, France

Colette Mélot conclut en assurant que son « amendement ne satisfait en rien les demandes de Wikimédia ». Ce point est assuré, elle a cédé face aux sociétés d’ayants-droit tout en faisant croire que l’exception pourra profiter aux particuliers et aux associations, alors que la limitation “non-commerciale” rend la liberté de panorama inutilisable en France. Il serait pourtant grand temps pour les sociétés d’ayants-droit de faire primer les intérêts des artistes qu’ils représentent plutôt que les leurs !

Rappelons notre position…

Nous lisons à regret des commentaires mensongers, dans la communication de ces dernières, au sujet de notre “réelle identité” ou de la “véritable finalité de nos actions”.

Ces organisations persistent à qualifier Wikimédia France comme une société américaine, ayant pour but de gagner de l’argent, en ne payant pas les créateurs.

Rappelons que Wikimédia France est une association loi 1901, qui fait partie de l’économie sociale et solidaire et qui œuvre au sein de l’économie de partage. L’association, au même titre que la fondation Wikimedia, n’est absolument pas propriétaire des contenus. Elle se positionne en appui d’une communauté, notamment de photographes (par le biais de son projet Wikimedia Commons). Ce sont ces utilisateurs qui administrent les projets, dans un but de libre diffusion de la connaissance. Notre association ne réalisera donc pas de bénéfice en lien avec la liberté de panorama.

De plus, dans les débats autour du projet de loi « pour une République numérique », nous communiquons ouvertement sur les actions de sensibilisation que nous menons, nous exposons nos arguments publiquement. Nous proposons des rencontres aux auteurs et groupements réticents à cette disposition, afin de leur expliquer nos arguments.

L’ADAGP quant à elle, à court d’arguments, se contente de lancer en l’air des chiffres sur les pertes pour les auteurs qu’engendrerait la liberté de panorama, chiffres que la commission culture inclut dans son avis. Hier, cette organisation indiquait un certain pourcentage, aujourd’hui elle en donne un autre sans jamais expliquer le détail de ces chiffres.

Nous avons, depuis le début des débats en septembre 2015 (via une consultation publique) et constamment depuis, demandé une liberté de panorama réduite :
* aux seules œuvres architecturales ou sculpturales dont les créateurs vivent de la commande publique (excluant ainsi, par exemple, le street art ou les photographies) ;
* aux œuvres étant en permanence dans des extérieurs publics (excluant ainsi toute exposition temporaire, de photos par exemple, mais aussi, les intérieurs publics comme certaines lois européennes le permettent).

Ainsi, après en avoir longuement débattu lors de notre audition avec la rapporteure de la commission culture, il nous semble peu adéquat de signifier que nous défendons « la liberté de panorama dans son acception la plus large » (avis rendu par la commission culture).


Nous avons bon espoir : aucun amendement pour le retrait de la liberté de panorama n’a été déposé, il reste quelques jours pour poursuivre la sensibilisation afin de faire sauter la restriction “non-commerciale”.

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Liberté de panorama, la partie s’amorce au Sénat !

actualités - 6 avril, 2016 - 17:12
Mobilisation de certains sénateurs

Les débats ont commencé au Sénat avec les votes des commissions (le 5 avril en commission culture, notamment et le 6 en commission des lois). Des sénateurs ont bien compris les enjeux d’une vraie liberté de panorama opérante.

Nous saluons leur courage car beaucoup d’entre-eux ont fait l’objet d’un harcèlement orchestré par les sociétés d’ayants-droit pour tenter de les dissuader. Nous désapprouvons ce mode d’action opaque alors que Wikimédia France, au contraire, présente les enjeux publiquement et cherche à sensibiliser tant les politiques que le grand public.


Adoption de l’amendement de Colette Mélot

Colette Mélot, sénatrice de la Seine-et-Marne, a présenté au nom de la commission culture, en tant que rapporteur, un amendement qui rejette clairement l’utilisation “non-commerciale”:

à l’exclusion de tout usage à caractère directement ou indirectement commercial



Précedemment, au mois de janvier, nous avions eu un doute quant à la démarche des députés lors du vote de l’amendement portant sur la liberté de panorama. Nous avions supposé que s’il partait d’une bonne intention (Wikipédia et la participation des particuliers indiqués dans les motifs), c’était la maladresse de sa rédaction qui le rendait inopérant. Ce doute ne peut plus persister aujourd’hui au Sénat.

Alors que nous avons rencontré longuement Colette Mélot, que nous lui avons expliqué la problématique du terme “non-lucratif” sur Internet, elle a fait le choix, sciemment, de confirmer ce concept en ajoutant “directement ou indirectement commercial”.

Les choses sont maintenant très claires, si en séance cet amendement est maintenu tel quel, il ne sera aucunement possible pour des particuliers de poster leurs photos de bâtiments récents que ce soit sur Wikipédia ou sur les réseaux sociaux, etc.

Voir le schéma, ci-dessous, qui démontre que sur Internet, presque tous les espaces peuvent être qualifiés de “commerciaux”.

Schéma résumant les risques de privatisation de l’espace public

La position de Colette Mélot, n’est, semble-t-il pas isolée puisque la Commission des lois a voté favorablement ce texte inutile et hypocrite.


La position du Gouvernement ?

Axelle Lemaire, à l’occasion de son audition hier par la commission des lois, a communiqué sur la liberté de panorama:


#DirectSénat @axellelemaire "Sur la liberté de panorama, la plupart des pays européens l'ont mis en place"

— Contexte Numérique (@contexte_num) 5 avril 2016



Sur la liberté de panorama, @axellelemaire demande s'il faut s'adapter aux usages actuels et donne RDV au débat en séance #PJLNumérique

— Fiona Guitard (@FionaGtrd) 5 avril 2016


La position du Gouvernement est-elle en train d’évoluer ? Si Axelle Lemaire se pose encore ces questions, nous avons des réponses. Pour nous, il est évident que la loi doit correspondre aux usages ou sinon quel est son intérêt !?


Que faire ?

il est certain que la loi ne doit pas être écrite en cédant au chantage de quelques sociétés qui sont prêtes à sacrifier la renommée des auteurs et le partage de la connaissance pour une petite quantité d’argent hypothétique.

Au contraire, la loi doit être élaborée pour permettre au maximum de citoyens d’être protégés et de pouvoir pleinement disposer d’un domaine qui leur est dédié : l’espace public.

Nous ne baissons pas les bras pour autant, les débats en séance auront lieu du 26 avril au 3 mai. Il nous reste encore une vingtaine de jours pour nous mobiliser, notamment en signant et partageant la pétition.

Il faut que la France ait une vraie liberté de panorama afin que les citoyens ne soient pas dans le flou juridique et afin de ne pas pénaliser le tourisme. Comment donner envie à des personnes étrangères de visiter la France si celles-ci ne peuvent pas mettre leurs photos de vacances sur un blog ou sur les réseaux sociaux ? Comment informer sur les différents monuments à voir si les photos ne peuvent être mises en ligne que par les gestionnaires/créateurs de ces monuments ou de leurs modifications ?
Stop aux lois kafkaïennes ! Dotons-nous d’une loi véritablement applicable…

Christel JEANTHEAU, France (commentaire déposé sur la pétition)

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Rencontre autour de l’autisme et de la contribution à Wikipédia

actualités - 4 avril, 2016 - 11:00

Samedi 2 avril à Rennes, Tsaag Valren et Harmonia Amanda, deux wikimédiennes porteuses du syndrome d’Asperger ont raconté lors d’une table ronde leur expérience de contribution sur les projets Wikimedia.

Animée par Auregann, la rencontre partait des questions suivantes : pourquoi la participation à l’encyclopédie collaborative Wikipédia est bénéfique pour les personnes porteuses du syndrome d’Asperger ? Quelles sont les difficultés qu’elles rencontrent ?

Affiche pour la table ronde, CC-BY-SA Auregann

 

Le syndrome d’Asperger fait partie des troubles du spectre autistique qui se caractérisent par des troubles de la communication, des interactions sociales, et des centres d’intérêts spécifiques développés. Malgré les difficultés rencontrées lors des interactions sociales, les deux contributrices ont expliqué en quoi leurs spécificités sont utiles et leurs compétences sont valorisées dans l’activité de contribution.

Sur la Wikipédia en français, seuls une dizaine de contributeurs déclarent leur appartenance aux « Aspies » alors qu’ils sont certainement plus nombreux en réalité.

La rencontre a été enregistrée au format audio, vous pouvez l’écouter sur Commons. Le support de présentation ayant servi pour l’introduction sur l’autisme est également disponible sous licence libre.

Voici quelques ressources pour mieux comprendre Asperger et l’autisme :

 

Tsaag Valren, Auregann et Harmonia Amanda. Photo CC-BY-SA Seb35

Au delà de la table ronde, cette rencontre organisée par les wikimédiens rennais avec le soutien de Wikimédia France a été un moment très convivial d’échange et de partage d’expériences.

Le sujet des personnes autistes sur Wikipédia suscitant beaucoup d’intérêt au sein de la communauté, d’autres rencontres seront certainement organisées par la suite.

Merci encore à Tsaag Valren et Harmonia Amanda d’avoir partagé leur expérience ! Merci à la Maison des Associations de Rennes, à l’association Mathi, et à Wikimédia France pour leur soutien.

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La diffusion libre de la connaissance se développe à Montpellier et alentour

actualités - 29 mars, 2016 - 17:40

Depuis quelques mois, les activités autour des projets Wikimédia se développent dans la région Languedoc-Roussillon avec des éditions de WikiCheese à Nîmes et à Montpellier, la mise en place de Wikipermanences ainsi que l’organisation d’opérations libres.

WikiCheese : premières éditions en région
Le 4 décembre, le Club de la presse de Montpellier, en association avec Wikimédia France et Montpel’libre, ont accueilli le projet WikiCheese pour une première édition en région. À cette occasion, Pierre-Yves Beaudouin, à l’initiative du projet et de son crowdfunding, a photographié une trentaine de fromages dont la majorité produit en Languedoc-Roussillon. Au cours de cette soirée, le rôle fondamental de soutien de Wikimédia France en région pour la diffusion libre de la connaissance, notamment via les projets hébergés par la Wikimedia Foundation, a été rappelé. Le 25 février, c’était au tour du club de la presse de Nîmes, en association avec Montpel’libre et Wikimédia France d’accueillir ce projet WikiCheese. Une quarantaine de personnes ont assisté à cette nouvelle édition. Cette soirée consacrée à la documentation des fromages de la région s’est conclue par une dégustation de fromages et de vins.

L’Opération Libre de Saint-Martin-de-Londres
Les 29 et 30 janvier 2016, le Collectif des Garrigues et Montpel’libre ont souhaité organiser un rendez-vous de production de données sur le modèle des Opérations Libres qui se développent un peu partout en France. C’est à Saint-Martin-de-Londres qu’une centaine de personnes s’est retrouvée pour participer à des ateliers destinés à collecter et partager des données libres, tant visuelles, sonores, botaniques, historiques, architecturales ou encore géographiques, sur ce village du cœur de la garrigue héraultaise. À cette occasion, des projets collaboratifs tels que Tela-Botanica, OpenStreetMap, Wikipédia et Wikimedia Commons ont été abordés.
Un compte-rendu de cet évènement est disponible.

Une rencontre physique entre anciens, nouveaux ou futurs wikipédiens
Enfin, une Wikipermanence a été mise en place le deuxième lundi de chaque mois afin de répondre aux questions, permettre des démonstrations, offrir une aide aux nouveaux ou futurs wikipédiens qui souhaitent acquérir des connaissances et des conseils sur le fonctionnement de Wikipédia ou participer à des projets liés à la libre connaissance.

De nouveaux projets sont à l’étude ou en réflexion, n’hésitez pas à rejoindre la liste ouverte montpellier@lists.wikimedia.fr afin de rester informé-e-s des actualités de notre groupe local ou pour y participer (pour ce faire, vous pouvez faire un e-mail à la liste pour demander l’inscription. A ce jour, ~3-4 mails par mois).

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Régression au parlement #LibertéDePanorama

actualités - 24 mars, 2016 - 14:57
Inconstance dans les prises de positions de nos élus

Alors que nos députés ont voté le 21 janvier, dans le projet de loi « pour une République numérique » une liberté de panorama incomplète, voilà que les sénateurs, suivis par les députés, ce 22 mars (soit 2 mois après), ont inscrit dans le projet de loi « relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine » une disposition donnant un nouveau droit patrimonial, pour les domaines nationaux, sur l’image de leurs bâtiments:

« L’utilisation à des fins commerciales de l’image des immeubles qui constituent les domaines nationaux, sur tout support, est soumise à autorisation préalable du gestionnaire de la partie concernée du domaine national. Cette autorisation peut prendre la forme d’un acte unilatéral ou d’un contrat, assorti ou non de conditions financières. » Vous pouvez retrouver cette adoption en vidéo (de 01:14:38 à 01:16:55).

Quel est le sens de ces dispositions contradictoires ?

En tant que citoyens, nous sommes en droit d’attendre un minimum de cohérence dans la manière dont s’écrit la loi en France.
 

Un copyfraud inscrit dans la loi ?

En instrumentalisant la notion de « non commerciale » ou « non-lucrative » qui comme nous vous l’avons déjà expliqué, présente plus de risques que de clarifications, les responsables politiques vont encore plus loin dans la privatisation de l’espace public.

Jusqu’alors, une redevance pouvait être exigée pour la reproduction d’une architecture, jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur. Aujourd’hui, le législateur vient d’octroyer ce droit, ad vitam æternam, au gestionnaire de ce bien, faisant fi de la logique du droit d’auteur.

L’article L111-3 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que la propriété incorporelle donnée par le droit d’auteur est indépendante de la propriété de l’objet matériel. L’acquéreur d’un objet, d’une œuvre, n’était investi jusqu’alors (du fait de cette acquisition) d’aucun des droits puisqu’il n’a jamais participé à sa création !

Cette disposition est scandaleuse et constitue une nouvelle atteinte à la notion de domaine public. La reproduction de ces œuvres appartient à tout un chacun ! 

 

Le château de Chambord par Arnaud Scherer [CC BY-SA 4.0 ]

  Quelles conséquences pour les projets Wikimedia ?

Alors que nous militons pour une liberté de panorama qui valoriserait davantage notre patrimoine français, cet amendement, digne de l’Ancien Régime, forcerait nos contributeurs à supprimer une grande partie des illustrations de nos domaines nationaux actuellement en ligne sur l’encyclopédie. Ce serait également la fin de notre concours Wiki Loves Monuments dont la remise des prix a eu lieu à la Conciergerie, cette année, par exemple !

Là encore, nous allons œuvrer pour que le Sénat retire cet amendement inattendu, inopérant et liberticide, voté en moins de deux minutes.

Nous pensions que l’absence de liberté de panorama, alors qu’elle est présente dans 82 % des États membres de l’Union européenne, était la position la plus saugrenue que le Gouvernement pouvait soutenir. Mais nous nous sommes trompés : avec cet amendement nous avons touché le fond des stratégies déployées pour empêcher la diffusion de la connaissance.


Vous l’aurez compris, plus que jamais il est important de signer notre pétition !

Sur ce même thème vous pouvez lire un éclairant article de NextInpact.

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Voyages, voyages…

actualités - 21 mars, 2016 - 11:37

Suite de notre panorama des projets Wikimedia moins connus du grand public dans le cadre du Mois de la contribution francophone… Aujourd’hui, découvrez Wikivoyage, à travers l’interview de l’un de ses contributeurs francophones les plus actifs, Amqui, tigre à dents de sabre sur Wikipédia et qui vit au Canada. Son pseudonyme actuel correspond au nom de sa ville natale, Amqui, située dans la vallée de la Matapédia.

Par Jmvkrecords — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

 

Wikimédia France : Amqi, peux-tu nous présenter Wikivoyage ?

Amqi : Wikivoyage est un projet de la sphère Wikimedia ayant pour but la création d’un guide de voyage du monde libre. Il s’agit exactement du même modèle que Wikipédia, mais, au lieu d’une encyclopédie, c’est un guide de voyage. Il rassemble de l’information utile que plusieurs lecteurs recherchent, mais qui n’a pas sa place sur un article encyclopédique sur Wikipédia portant sur le même lieu.

WMFR : Qui sont les contributeurs derrière ce projet ? à qui s’adresse-t-il ?

Amqui : Wikivoyage est créé et développé de la même façon que Wikipédia, c’est-à-dire par des contributeurs volontaires et bénévoles. Évidemment, il s’adresse surtout aux gens intéressés par le voyage, mais peut également être intéressant pour d’autres personnes, comme celles s’intéressant à la géographie par exemple.

WMFR : Comment ou pourquoi t’es-tu intéressé à Wikivoyage ?

Amqui : Je me suis intéressé à Wikivoyage lorsque celui-ci a rejoint la sphère Wikimédia. Avant cela, je ne connaissais pas ce site. Je me suis intéressé à tous les projets de la sphère Wikimedia à un moment ou à un autre, donc celui-ci n’est pas différent. L’intérêt vient du fait que tout est à faire. Alors que la difficulté de contribuer à Wikipédia croît constamment du fait de l’amélioration de la qualité de ses contenus, sur Wikivoyage, tout est encore au stade de création. J’ai d’ailleurs écrit le premier “article étoilé” (équivalent des “bons articles” de Wikipédia) du projet sur la Gaspésie, ma région natale.

Par AleXXw – Travail personnel, CC-BY-SA 3.0

WMFR : Quel est l’intérêt pour toi de contribuer en français sur les projets Wikimedia ?

Amqui : Pour moi, il est important de développer tous les projets dans le plus de langues possibles. Comme le français est ma langue maternelle, il est naturel que je contribue en français dans cette direction. Ceci dit, je suis également impliqué pour tenter de développer des Wikipédias dans des langues plus minoritaires, en particulier les langues indigènes canadiennes. Je trouve important de préserver ces langues car elles font partie intégrante des cultures associées. Il n’en est pas différent du français. Vivant dans un endroit où le français est minoritaire, je vois souvent des jeunes de familles francophones ne parlant pas très bien le français et je trouve cela très dommage. Il est donc important de développer Wikipédia (et les projets frères) dans la langue de tous afin que la connaissance soit vraiment accessible à tout le monde sans passer par la connaissance d’une langue tierce.

WMFR : Vas-tu organiser quelque chose pour le mois de la contribution ?

Amqui : Non, vivant dans un endroit où le français est très minoritaire, organiser un tel événement n’aurait pas de réel impact à mon avis et demanderait trop d’efforts. J’aiderai cependant comme je le peux en ligne avec l’organisation globale.

WMFR : Que dirais-tu à à une personne pour l’inciter à contribuer ? Faut-il des compétences spécifiques ?

Amqui : Il n’y a besoin d’aucune connaissance spécifique pour contribuer, autre qu’un accès Internet. Il y a beaucoup d’autres bénévoles expérimentés prêts à aider les nouveaux contributeurs. Se rendre à un événement tels que ceux organisés dans le cadre du Mois international de la contribution francophone est évidemment l’une des meilleures façons d’apprendre de la part de quelqu’un d’expérimenté en face à face au lieu d’être seul avec son ordinateur ou son téléphone portable, ce qui peut être plus effrayant pour ceux s’y connaissent moins. Il y a de plus en plus d’initiatives organisées afin de rendre la contribution aux projets Wikimédia – dont Wikivoyage et Wikipédia – plus facile, tels que des dépliants expliquant comment contribuer ou même un cours en ligne ouvert et massif (le WikiMOOC ! ndlr). Si quelqu’une ou quelqu’un est intéressé(e) à contribuer à Wikivoyage et a des questions, elle ou il peut me contacter sur ma page de discussion !

 

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Découvrez et partagez notre site et notre pétition sur la liberté de panorama

actualités - 16 mars, 2016 - 16:36

Depuis près de 6 mois, Wikimédia France s’investit dans la promotion d’une liberté de panorama. Ce travail nous a d’abord conduit à l’Assemblée nationale pour rencontrer les députés et leur expliquer en quoi le cadre juridique actuel ne répondait plus aux réalités de l’Internet.

127 députés ont déposé ou soutenu 21 amendements et les votes ont débouché, le 21 janvier 2016, sur une liberté de panorama plus restrictive que la jurisprudence actuelle, ambiguë, et donc inopérante.

La discussion s’amorce en ce moment au Sénat, offrant ainsi une nouvelle opportunité de lever les incohérences et de rendre cette avancée politique réellement applicable.

 

Pour permettre une appropriation de cette notion par le grand public et les politiques, Wikimédia France met, aujourd’hui, en ligne plusieurs outils:

Les pyramides du Louvre par hakkun [CC BY-SA 3.0]

Vous pouvez donc nous aider en :

  • signant cette pétition ;
  • relayant cette pétition et l’adresse du site dans les réseaux sociaux.

 

Merci pour votre soutien !

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Publication d’un catalogue de formations

actualités - 14 mars, 2016 - 14:05

Wikimédia France publie un catalogue de formations pour l’année 2016. Ce document rédigé avec l’aide de plusieurs bénévoles était attendu par les différents publics en contact avec l’association et permettra de répondre efficacement aux sollicitations, toujours plus nombreuses, de formations en lien avec les projets Wikimédia.

Ce catalogue s’adresse aussi bien aux adhérents de l’association souhaitant monter en compétence qu’aux individuels, institutions publiques et structures privées.

7 formations sont actuellement proposées :

  1. enrichir des articles sur Wikipédia ;
  2. utiliser des logiciels de traitement et de retouche photos ;
  3. utiliser Wikimedia Commons ;
  4. découvrir les projets Wikimédia ;
  5. utiliser Wikipédia en classe ;
  6. utiliser Wikisource et le bookscanner ;
  7. formation de formateurs (dans le cadre de journées contributives par exemple).

Vous pouvez consulter le catalogue de formations sur Wikimedia Commons ici (il est également disponible dans nos locaux situés au 40 rue de Cléry, 75002 Paris).

Wikimédia France est un organisme de formation enregistré sous le numéro 11755378075 (cet enregistrement ne vaut pas agrément de l’Etat).

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La Wikiversité francophone, un contenu pédagogique ouvert à tous

actualités - 14 mars, 2016 - 12:52

Dans le cadre du mois de la contribution francophone, Lionel Scheepmans, contributeur belge aguerri, nous livre ses commentaires sur la Wikiversité. Quel est l’objectif de ce projet ? Qui sont les contributeurs ? Par quelles motivations Lionel a-t-il été amené à collaborer à ce projet ? Autant de questions auxquelles Lionel Scheepmans a bien voulu répondre pour nous éclairer sur les fondamentaux de la Wikiversité.

 

Wikimédia France : Lionel, pouvez-vous nous décrire ce qu’est la Wikiversité ?
Lionel Scheepmans :
La Wikiversité francophone est une communauté ouverte qui a pour but de produire du contenu pédagogique pouvant s’adresser à tous les niveaux d’enseignement (de la petite enfance au post-doctorat). C’est aussi un lieu pour effectuer des travaux de recherche, quel que soit le sujet. Actuellement, la Wikiversité francophone a pour projet la mise en place d’une bibliothèque ainsi que d’une revue scientifique libre.

Tout le monde est cordialement invité à contribuer sur Wikiversité, sans distinction d’âge ou de niveau de formation. On peut le faire de façon anonyme ou pas, peu importe. La seule contrainte est de s’exprimer en langue française et de respecter les décisions prises par l’ensemble de la communauté. Pour que votre avis soit pris en compte dans les processus de décision, il faut avoir un compte ouvert depuis plus d’un mois et 100 modifications à son actif au sein du projet.

WMFR : Expliquez-nous par quel parcours vous êtes devenu un contributeur actif sur la Wikiversité.
LS : J’ai un parcours relativement atypique. Cela va de la sylviculture à l’anthropologie tout en me spécialisant dans les questions d’éthique en passant par la politique et l’art. J’ai travaillé dans les domaines aussi variés que la coopération internationale, la cartographie, l’animation, les concerts et les spectacles.

Je suis devenu contributeur au sein de la Wikiversité francophone en 2011 à l’occasion d’un mémoire de fin de master en anthropologie. J’avais au départ en tête de rédiger mon travail directement sur Wikipédia mais vu l’impossibilité d’y faire des travaux inédits, je me suis redirigé vers le projet Wikiversité où j’ai trouvé un accueil très chaleureux assorti à une aide et des conseils très efficaces.

Suite à cette première expérience, je n’ai plus quitté le projet même si j’y ai été parfois peu actif durant certaines périodes. Wikiversité fut d’abord pour moi un lieu de publication pour tous les travaux de recherche que j’avais pu réaliser durant ma vie.

WMFR : Quelles sont vos motivations à contribuer ?
LS : Ma motivation première était de partager tous ces travaux avec ceux qui pourraient trouver un intérêt à les lire ou mieux encore à les améliorer. Je me souviens qu’à l’époque un des administrateurs du site m’avait mis en garde sur le fait que publier mes écrits sur la Wikiversité, c’était en faire cadeau à toute personne qui voudrait les utiliser et ce y compris à des fins commerciales. J’ai répondu que c’est ce qui pouvait arriver de mieux.

Par la suite, je me suis de plus en plus intéressé et impliqué dans les questions de gestion du projet en participant à de nombreuses discussions. Récemment, je suis devenu administrateur mais n’ayant pas encore de disponibilités et de temps, je n’ai pas eu l’occasion d’utiliser en profondeur les nouveaux outils qui m’ont été attribués pour améliorer les projets sur la Wikiversité. De plus, enseigner est pour moi une démarche bien plus compliquée et exigeante que de faire des travaux de recherche.

Actuellement sur la Wikiversité francophone, il y a beaucoup de domaines qui ne sont pas du tout enseignés. Toute la structure est en place : facultés, départements, jusqu’à l’existence de multiples pages de cours dans tous les domaines. Mais beaucoup de ces pages ne représentent qu’un cadre sans contenu ou presque. Sur la Wikiversité, un travail commencé par un contributeur peut parfaitement être terminé par la communauté. Il y a encore beaucoup à faire, et c’est quelque part là aussi une source de motivation.

WMFR : Que diriez-vous à une personne pour l’inciter à contribuer ? Faut-il des compétences spécifiques ? Existe-t-il des freins à la participation au projet pour un nouveau contributeur ?
LS : Si vous avez du temps à gagner, si vous voulez vous sentir utile dans une activité, si un ordinateur ne vous effraie pas, alors la Wikiversité pourrait être un projet épanouissant pour vous. La Wikiversité est en perpétuel état de construction et toute bonne volonté est la bienvenue pour en faire quelque chose de bien.

On a tous quelque chose à enseigner, à apprendre, à partager et il ne faut aucune compétence particulière pour contribuer. Il n’y a pas non plus de tâche ingrate ou inutile. Je suis pour ma part dys-lexique, dys-orthographique et même excessivement dys-trait. Lorsqu’une personne corrige une simple faute d’orthographe ou une erreur syntaxique au niveau de mes écrits, vous n’imaginez pas quel bonheur cela suscite. La Wikiversité est une communauté d’entraide. Il ne faut pas avoir peur de se présenter aux autres contributeurs dans l’espace forum que nous intitulons « salle café » pour demander de l’aide ou proposer ses services.

WMFR : Allez-vous prendre part ou organiser une action pour le mois de la contribution ?
LS :
Je pourrais cette année lancer un atelier Wikiversité. Mais dans la galaxie des projets de la fondation Wikipédia, le focus est souvent mis sur l’encyclopédie Wikipédia et pas seulement en terme de visibilité. Aussi comme l’organisation du mois de la contribution se fait en grande partie sur le site de Wikipédia, et que j’ai décidé de bloquer mon compte en édition pour ne plus y être actif, cela devient compliqué pour moi. Mais je pourrais faire cette promesse : si quelqu’un me demande de parler de Wikiversité dans le cadre du mois de la contribution francophone, je suis partant ! A une condition seulement : avoir une aide financière pour organiser cette activité.

WMFR : Un mot pour conclure cette interview ?
LS : J’aimerais préciser que si les projets Wikiversité ont un manque de visibilité, ils n’en sont pas moins prometteurs. Contrairement à Wikipédia, où les travaux inédits ne sont pas admis et où chaque information doit être validée par une source reconnue et secondaire de préférence, sur la Wikiversité il y a la possibilité d’être libre et créatif. Je vois de plus en plus de contributeurs sur la Wikiversité, surtout ces derniers temps, des enseignants, des chercheurs, actifs ou retraités, et même récemment un projet de formation issu d’un financement public.

Retrouvez le profil de Lionel sur la Wikiversité ainsi que toute l’actualité autour du mois de la contribution en consultant le hashtag #WikiMCF sur Twitter.

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Art+Feminism : nouvelle édition les 5 et 6 mars

actualités - 2 mars, 2016 - 10:00

Informations pratiques pour l’edit-a-thon des 5 et 6 mars

Rééquilibrer les inégalités de genre sur Wikipédia

Sur la plateforme Wikipédia, moins de 15 % des contributeurs et contributrices  s’identifient comme femmes. Afin de rééquilibrer les inégalités de genre qui creusent la plateforme des savoirs la plus visible et référencée sur internet, l’edit-a-thon Art+Feminism aura lieu pour la deuxième année consécutive à Paris. En simultané avec plus de trente localités différentes dans le monde, vous êtes invité-e-s aux Archives nationales de Paris, à rejoindre une communauté plurielle et ouverte qui se solidarisera par les arts, pour rétablir ensemble cet équilibre.

Si l’espace réel et l’espace web sont intrinsèquement liés, agir ensemble sur l’un pourra faire levier sur l’autre. Seul-e-s ou en équipe, il vous est proposé de créer, d’améliorer ou de traduire des articles en lien avec les féminismes et les arts sur Wikipédia. Par le formulaire d’inscription, vous pouvez proposer un sujet à l’avance sur des femmes dans tous les domaines des arts et de la culture (femmes artistes, créatrices, auteur-e-s, commissaires d’exposition, etc.), sur des mouvements, des concepts (Mouvement de Libération des Femmes, théorie queer, cyberféminisme, etc.).

Il peut s’agir de créer un article, d’en améliorer un, ou d’en traduire un. Des sujets vous seront aussi proposés sur place, préparés à l’avance par les complices du marathon. Afin de partager ensemble les problématiques  sous-jacentes à l’événement, vous pouvez aussi proposer de discuter d’un sujet : un capteur sonore vous permettra d’enregistrer vous-même les discussions dans un espace dédié et ainsi les partager sur le web. Deux discussions animées avec des personnes invitées spécifiquement vous seront proposées les samedi et dimanche à 16 h. Elles se concentreront sur les inégalités de genre dans la production de connaissances et son partage, dans l’art et sur le web.

Un marathon préparé par des ateliers thématiques

Programmé sur toute l’année, l’atelier Le présent de nos savoirs s’est concentré sur la plateforme Wikipédia et les féminismes, constituant une équipe d’accueil et de formation présente aux Archives nationales pour le marathon.  Des étudiant-e-s du Master 1 des Métiers des Arts et de la Culture de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, accompagnés par Sylvia Frederiksson chargée de cours et designer, auront reçu une formation similaire qui s’étend sur trois séances, dont une présentée par l’artiste Laetitia Badaut-Haussmann.

Les deux premiers ateliers, respectivement animés par l’artiste Katinka Bock et la chorégraphe Emmanuelle Huynh ont permis de créer, en collaboration avec le wikipédien Kvardek du, les notices de l’artiste Miriam Cahn et de la chorégraphe Jennifer Lacey. Le troisième a eu lieu le lundi 22 février, sera animé par Marie Voignier et Kvardek du, et a porté sur les monteuses dans le cinéma, Claire Atherton et les films de Chantal Akerman.

Des partenaires impliqués pour une campagne internationale

Art+Feminism est une campagne internationale pour améliorer la présence des femmes et des arts sur Wikipédia. Le projet a été initié en février 2014 au Eyebeam Art and  Technology Center de New York par Siân Evans (Société des bibliothèques d’art nord-américaines), Jacqueline Mabey (commissaire d’exposition, failed projects), Michael Mandiberg (artiste), Laurel Ptak (artiste et commissaire d’exposition), ainsi que Dorothy Howard (Metropolitan New York Library Council) et Richard Knipel de Wikimédia New York.

En 2014, plus de 30 événements satellites ont été organisés simultanément en Australie, au Canada, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis, et dans des structures d’accueil diverses (musées, bibliothèques, appartement privé, etc.).  Le marathon a rassemblé environ 600 participant-e-s, permettant la création de plus de 100 nouveaux articles concernant les femmes et les arts. En 2015, de nouveaux pays comme la Belgique, la France et la Nouvelle-Zélande ont rejoint le projet. Les organisateurs d’Art+Feminism ont été inclus dans la liste des 100 Leading Global Thinkers du magazine Foreign Policy pour la mise en œuvre du marathon en 2014.

À Paris et à l’initiative des curatrices Mikaela Assolent et Flora Katz, Lafayette Anticipation s’est engagé dans le mouvement en ouvrant son Hub à près d’une centaine de contributrices et contributeurs. Cette première édition parisienne a été réalisée en collaboration avec l’artiste américaine Addie Wagenknecht, une quinzaine de formatrices et formateurs et Wikimédia France.

Collecter, conserver, communiquer, faire comprendre et mettre en valeur leurs fonds, favoriser l’apprentissage de la citoyenneté en direction des jeunes publics, telles sont les missions fondamentales des Archives nationales, partenaires de l’édition 2016. Dans le sillage de leur partenariat avec Wikimédia France, prolongé en novembre dernier, les Archives nationales se sont associées à ce projet en accueillant l’edit-a-thon en plein cœur de Paris, et en mobilisant leur personnel d’accueil, leurs archivistes et leur département d’action culturelle éducative.

Un des logos de la campagne Art+Feminism – Iloatha13 – CC-BY-SA 4.0

 

A Paris… et ailleurs dans la Francophonie !

Ces journée contributives ouvrent le calendrier du Mois de la contribution francophone, qui a débuté le 1er mars. Si Art+Feminism est une initiative au départ issue du monde anglophone, elle fait des émules également chez les francophones. En témoignent cette année l’organisation d’un atelier en Suisse romande, qui se tiendra demain, vendredi 4 mars à la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie du Musée d’art et d’histoire de Genève ; un atelier à la Bibliothèque diocésaine de Tunis le 5 mars ;  et pas moins de 3 ateliers à Montréal, au Québec !

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De Wiki Loves Africa à Wiki Loves Women

actualités - 29 février, 2016 - 16:45

Après une première édition en 2014 sur la thématique de la gastronomie, le concours Wiki Loves Africa s’est tenu pendant les mois d’octobre et novembre 2015 sur la thématique “Parures et ornements“. Les images représentent ainsi la mode définie par des influences culturelles locales, notamment en ce qui concerne les bijoux, le maquillage, les coiffures, l’habillement. Le concours a été un succès tant dans la célébration de l’universalité de la mode que de la diversité des tenues et pratiques traditionnelles de toute l’Afrique.

En effet, ce sont 7453 images qui ont été téléchargées sur la médiathèque Wikimedia Commons par 734 contributeurs venant de 51 pays à travers le monde ! Les pays les plus impliqués sont la Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Des équipes locales se sont constituées dans certains pays notamment en Algérie, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Nigeria, en Tanzanie, en Tunisie et en Ouganda pour organiser 41 événements locaux dans le but d’inciter les gens à participer. Des contributeurs plus isolés ont aussi participé dans des pays tels que le Ghana, le Kenya ou l’Éthiopie.

Le concours accueille des contributeurs qui pour beaucoup sont des primo-contributeurs aux projets Wikimédia. Lucas Takerkart, gagnant du deuxième prix et réalisateur pour Cultur’All – une association œuvrant à la préservation et à la valorisation des cultures populaires – explique :

Mon amie, une styliste franco-sénégalaise (Lô Créations), est tombée un peu par hasard sur le concours en faisant des recherches sur la mode et l’Afrique. Elle a ensuite envoyé quelques-unes de mes photos, assez facilement… Merci à elle sans qui je ne vous écrirais pas actuellement!

Je ne connaissais pas cette plate-forme. Je suis pour les licences libres et il faut que je m’y intéresse plus car je produis énormément sans forcément diffuser…

Les gagnants ont été sélectionnés par un jury international composé de wikimédiens, dont certains membres de Wikimédia France, de professionnels de la mode et de photographes professionnels : Paul Weinberg, Samson Ngumenawe, Oguntimehin A. Ariyo, Jacques Kouao, Siwar Horchani Zarrouk, Yetty Ogunnubi (Yetty D), Fanta Kone, Céline Rabaud, Sylvain Boissel and Habib M’henni. L’annonce des résultats a été faite le 19 février suite à un long travail de visionnage et de sélection effectué par le jury.

Premier Prix remis à Isaac Kaigi (Kenya) pour sa photo “Busy Afternoon”

Deuxième prix remis à Lucas Takerkart (France) pour “Fashion designer in St Louis in Senegal”

Lucas revient sur les conditions dans lesquelles il a réalisé la photo gagnante du 2e prix :

J’ai pris cette photo lors d’un repérage pour un documentaire sur les savoir-faire des artisans de Saint-Louis au Sénégal. C’est un tailleur dans son atelier… Quelqu’un d’assez charismatique… Son fils qui est en train de broder en arrière plan (on aperçoit sa casquette dépasser) est également un des rappeurs du groupe Nuul Kukk pour lesquels j’ai réalisé ce Street Clip).

Troisième prix remis à Dili Osuhor (Ghana) pour “Lady in Yellow, an african head dress in Ghana”

Le prix de la Communauté, quant à lui, a récompensé la meilleure photo selon la communauté Wikimedia parmi les 39 photos qui ont reçu la meilleure note de la part du jury.

Prix de la communauté remis à Mus52 pour “Women in haik at the Port of Algiers, Algeria” soutenue par 29 votes

Les gagnants ont été récompensé par un tirage papier de leur photo primée, un livre, des goodies Wikimedia ainsi qu’une tablette Samsung Galaxy Tab S 9 pour le premier prix et des chèques-cadeaux Amazon pour les trois autres prix.

Un projet en Afrique en appelle un autre … Découvrez Wiki Loves Women !

Wiki Loves Women est un projet de gestion des connaissances qui sera mis en oeuvre dans 4 pays de l’Afrique sub-saharienne. Il consiste en un ensemble de collaborations ambitieuses entre des Wikipédiens en Résidence situés dans chaque pays concerné, la communauté bénévole de wikipédiens, des institutions publiques, des organisations de la société civile, en particulier des structures impliquées dans l’égalité des genres. Wiki Loves Women est porté par Isla Haddow-Flood et Florence Devouard et mis en oeuvre en collaboration avec l’Institut Goethe.

Son but est l’émancipation et la mise à disposition du grand public du contenu culturel et éducatif déjà existant et vérifié au sein d’institutions publiques ou d’organisations de la société civile, mais peu visible ou peu accessible. Le projet vise ainsi à mettre en valeur les contributions et les réussites des femmes africaines notables ; et également à attirer l’attention sur les défis spécifiques rencontrées par les femmes africaines dans leur quotidien.

Par ailleurs, Wiki Loves Women apportera une attention toute spécifique à faciliter la participation des femmes à ce projet, ainsi que des hommes sensibles aux questions d’égalité homme/femme dans les pays sélectionnés.

Appel à candidature

WikiAfrica est à la recherche de quatre Wikipédiens en Résidence pour ce projet.

Le projet Wiki Loves Women cherche des candidats enthousiastes habitant en Afrique sub-saharienne pour mettre en oeuvre le projet depuis leur pays de résidence. Les Wikipédiens en Résidence seront chargés d’identifier les organisations partenaires disposant de contenus et de s’assurer de leur participation dans le projet lors de l’intégration de ces contenus dans les projets Wikimedia. Par ailleurs, les Wikipédiens en Résidence seront chargés de travailler en collaboration avec les Wikipédiens existants et nouveaux, pour faciliter le transfer et l’intégration du contenu. Cette collaboration sera facilitée par l’organisation régulière d’évènements au sein des Instituts Goethe.

Le Wikipédien en Residence travaillera, en collaboration avec l’Institut Goethe sur place et la communauté wikimédienne locale, à assurer la croissance de la communauté de rédacteurs du projet Wikipedia et facilitera leur participation au projet Wiki Loves Women.

 

 

 

 

 

 

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Place au WikiMOOC pour cinq semaines

actualités - 27 février, 2016 - 12:51

C’est parti ! Depuis le 22 février, un cours en ligne, gratuit et accessible à tous, pour découvrir en cinq semaines le fonctionnement de Wikipédia et apprendre à y contribuer en rédigeant des articles. Ce cours, c’est le WikiMOOC, un MOOC (Massive Open Online Course en anglais, « cours en ligne ouvert à tous » en français) totalement gratuit et hébergé sur la plateforme France Université Numérique, propulsée par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Plus de 5 600 internautes du monde entier se sont déjà inscrits au cours. Et si vous aussi vous souhaitez le suivre, il n’est pas trop tard pour vous inscrire (prévoir 3 h de travail par semaine) car les inscriptions ferment le 29 février !

 

Répartition géographique des inscrits.

Une douzaine de contributrices et contributeurs bénévoles de Wikipédia, expérimentés, soutenus par l’association Wikimédia France, travaillent à la conception du WikiMOOC depuis mai 2015.

L’objectif ?

Faire découvrir les coulisses de Wikipédia – septième site web le plus visité au monde, mais au fonctionnement pourtant souvent méconnu – augmenter le nombre de contributeurs de l’encyclopédie et enfin diversifier leurs profils, jusque-là très majoritairement masculin et occidental. L’équipe de conception du WikiMOOC se réjouit de compter environ 36 % de femmes parmi les inscrits au WikiMOOC, et près de 20 % d’internautes résidant en Afrique.

Désormais, place au WikiMOOC !

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Wikidata pour la science

actualités - 24 février, 2016 - 16:12

Une journée de découverte de Wikidata a été organisé le 2 février par Wikimédia France et le Center for Data Science de Paris-Saclay. Cette journée ouverte à tous s’est tenue au sein de l’Université Paris-Saclay, elle a été  pour une quarantaine d’universitaires et de doctorants de découvrir comment Wikidata parvient à constituer une des premières bases de connaissances au monde, et comment l’intégrer et l’exploiter dans les projets des étudiants et des chercheurs de l’université.

Le partage des données, avec comme objectif le Linked Data (Web des données), encore appelé Graphe Global Géant ou encore le Web 3.0, implique la constitution coûteuse de bases de connaissances, qui elles mêmes se périment très vite. L’alternative est l’élaboration collective de ces bases de connaissances de façon contributive.

Les divers domaines scientifiques sont déjà représentés dans Wikidata. Ces contributions peuvent être exploitées par exemple pour faciliter la découverte d’information, la reproductibilité et la traçabilité des travaux de recherche. Le Center for Data Science a travaillé sur les outils destinés à faciliter la découverte et la réutilisation des données de Wikidata.

Durant cette journée à travers des exemples réels et des travaux pratiques, les participants ont pu découvrir les travaux de recherche qui utilisent déjà les données de Wikidata et ces premiers outils.

Les sujets suivants ont été abordés durant la journée :

  • Qu’est-ce que Wikidata et Wikipédia ?
  • Quel est l’objectif de Wikidata ?
  • Comment peut-on contribuer, manuellement ou automatiquement à ce projet ?
  • Comment découvrir et utiliser les données de Wikidata ?
  • Quels sont les projets scientifiques qui utilisent déjà Wikidata dans lemonde et à l’université ?
  • Que peut apporter Wikidata pour partager les données de la recherche ?
  • Quels services propose le Center for Data Science de ParisSaclay dans ce domaine ?

Wikidata

La première moitié de la journée a été consacrée à une présentation de Wikidata par Sylvain Boissel, administrateur systèmes et réseaux de Wikimédia France et Harmonia Amanda, administratrice sur Wikidata.

Dernier né des projets Wikimedia, Wikidata a fêté ses trois ans en octobre dernier. Il s’agit d’une base de données collaborative placée sous licence CC0.

La présentation est organisée en trois parties, d’abord une présentation générale du site, puis les différents moyens de faire des requêtes sur la base de données et de la réutiliser et enfin comment contribuer à son amélioration.
Nouveau venu dans les bases de données en web sémantique, Wikidata a très vite pris une place centrale du fait de sa licence libre, de son aspect collaboratif et de la confiance qui lui est accordée concernant la stabilité du projet. C’est également un projet multilingue, gérant plus de 250 langues de façon native, et qui est encore en développement.

L’objectif premier du projet était proprement interne aux projets Wikimedia, puisqu’il s’agissait de centraliser les liens interwikis. Dans un deuxième temps, il s’agit de constituer une base de données structurée et réutilisable qui permette de stocker des données brutes ensuite utilisables sur les projets Wikimedia. Pour ce faire, il était nécessaire de construire une base de données requêtable et donc réutilisable plus largement.

La deuxième partie de la présentation s’intéresse aux façons de faire des requêtes sur la base de données pour pouvoir l’utiliser notamment les différents moyens de trouver un élément précis (les divers liens depuis Wikipédia, le système de recherche, la méthode de recherche par nom exact, etc.), présentation rapide de l’API et de son interface graphique.
Plusieurs exemples sont présentés :

  • réutilisations depuis Wikipédia : parsers functions, modules lua…
  • scripts en Python pour faire des requêtes et des insertions sur les sites Mediawiki (pywikibot)
  • interfaces de requêtes : Wikidata Query et SPARQL (query.wikidata.org)
  • outils spécialisés dans la réutilisation des données (outils de généalogie, de frises chronologiques, de cartes, ou encore de présentations plus lisibles pour des être humains que les éléments eux-mêmes)
  • réutilisations extérieures à Wikimédia sont également présentés

La troisième partie est consacrée à la contribution à Wikidata : créer un compte Wikimedia, paramétrer les langues d’interface, ajouter différents gadgets d’édition y compris des gadgets permettant des contributions semi-automatiques…

Retrouvez la présentation faite pendant cet atelier par ici.

Expérimentations Wikidata à Saclay

L’après midi, plusieurs chercheurs du plateau de Saclay ont présenté leurs travaux et la manière de se connecter à l’ontologie de Wikidata afin de mettre à disposition leurs données dans le Web des données.

Deux gadgets spécifiques pour Wikipédia ont été présentés. En effet, en copiant un petit bout de code dans la page de JavaScript personnalisée, les chercheurs du plateau de Saclay ont accès, depuis Wikipédia, à des onglets présentant des informations supplémentaires. Ainsi, directement depuis l’article de Wikipédia concernant un domaine de recherche, ils peuvent trouver les chercheurs compétents dans leurs domaines à l’Université de Paris-Sud (lien vers l’outil).

Autre exemple appliqué aux matériels disponibles pour les chercheurs, depuis l’article « spectromètre de masse », ils peuvent retrouver l’emplacement de tous les appareils disponibles de ce type disponibles sur le plateau (lien vers l’outil). Ces gadgets ont été présentés par Gregory Grefenstette (INRIA – TAO) et Valérie Cantonny (Institute of Plant Sciences Paris-Saclay IPS2 – Plateforme Métabolisme Métabolome)

Deux autres présentations concernaient la constitution de deux bases de connaissances ouvertes au sein de l’Université de Paris-Sud. Une base de connaissances ouverte pour les plateformes analytiques, par Sana Tfaili (Lip(Sys)2), puis une autre pour le droit canonique, nommée « projet Gregorius », par Julien Nauroy (Direction Informatique).

Karima Rafes (Paris-Sud / BorderCloud) a ensuite animé un atelier pratique, présentant comment interroger à l’aide du langage SPARQL les données de Wikidata à travers les outils du Center for Data Science.

La journée s’est terminée sur une table ronde accompagnée d’un débat avec le public. Les participants se sont interrogés sur la place de Wikidata dans la science, et la place de la science dans Wikidata. Les réflexions ont porté, notamment sur la faisabilité d’établir une ontologie couvrant l’ensemble du savoir humain, et sur les besoins des chercheurs en matière de bases de connaissances : s’ils sont souvent trop spécifiques pour que les données soient mises directement sur Wikidata, les bases peuvent en revanche être reliées entre elles par le biais des éléments Wikidata.

Prochain atelier de présentation de Wikidata : jeudi 25 février à 19:30 à La Paillasse (226 rue Saint Denis, 75002 Paris)

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15 ans de Wikipédia : Les wikipédiens à l’honneur

actualités - 16 février, 2016 - 14:01

À l’occasion des 15 ans de Wikipédia, la page Facebook de l’association a vu défiler pendant le mois de janvier des portraits de contributrices et contributeurs, des plus chevronnés inscrits-es en 2001 jusqu’aux plus jeunes inscrits en 2015. Elles et ils ont pris la parole pour témoigner de leur rencontre avec l’encyclopédie, leurs contributions et leurs actions sur Wikipédia et au-delà. En voici, les plus savoureuses parties.

Tyseria a 13 ans et c’est le plus jeune des contributeurs dont le portrait figure ici. Lundi Novembre elle, est la plus récemment inscrite, elle s’est créée un compte à l’été 2015. 0x010C est un étudiant alsacien de 21 ans.

Lundi Novembre : « Dès que je vois un article aussi petit soit-il, sans image ou photo, je vais voir sur Commons si je ne trouve pas de quoi l’illustrer. »

0x010C : « Je participe aussi avec d’autres wikipédiens à la rédaction du WikiMOOC, un cours en ligne gratuit et ouvert à tous pour apprendre à contribuer à Wikipédia. J’espère par là inciter un maximum de monde à oser sauter le pas, comme je l’ai fait il n’y a pas si longtemps ! »

Tyseria : « J’ai vraiment pris goût à contribuer régulièrement grâce à plusieurs autres utilisateurs qui m’ont pris sous leurs ailes même dans les moments difficiles. Je ne pourrais jamais les remercier assez. »

Jitrixis est lyonnais, SenseiAC est astronome et vit à Genève. Benoît Prieur a 40 ans et vit dans l’Ain.

Jitrixis : « Je fais partie d’un groupe de contributeurs locaux lyonnais, nommé la cabale de la quenelle (en référence à la quenelle de Lyon), qui organisent des activités sur Lyon afin d’améliorer les articles sur la culture lyonnaise. Ensemble nous avons pu enrichir l’encyclopédie collaborative d’images et d’articles autour des œuvres du musée des beaux-arts de Lyon. »

SenseiAC : « J’ai créé un certain nombre d’illustrations importées sur Commons afin de compléter les articles par des éléments plus visuels ; d’autres plus techniques ont été faites à ma demande par les membres de l’atelier graphique par exemple. Le partage des connaissances, ça passe aussi par le partage des compétences. J’en profite pour remercier tous les contributeurs petits et grands qui participent à enrichir l’encyclopédie. »

Benoît Prieur : « Au-delà de mes sujets de prédilection, dès que je consulte un article Wikipédia, je cherche également à l’améliorer quand c’est nécessaire et quel que soit le sujet. Aujourd’hui je bénéficie d’accès à des ressources en ligne (Cairn etc.) grâce au formidable projet:La bibliothèque Wikipédia. »

Theoliane, retraitée de la Santé vit en Normandie.  Harmonia Amanda est une Parisienne de 26 ans. Euterpia contribue depuis 2006 et est administratrice sur l’encyclopédie.

Harmonia Amanda : « Je suis sur le spectre autistique, mes centres d’intérêts sont spécifiques et envahissants. Sur Wikipédia, ce n’est plus un handicap mais une chance. Je peux écrire sur les détails les plus obscurs tant que j’ai des sources. »

Theoliane : « Comme tout débutant qui se respecte, je me suis lancée sans lire la moindre page d’aide et mon premier article a été supprimé immédiatement ! Bien sûr que j’étais déçue, mais j’ai quand même continué, dans la bonne direction cette fois. »

Euterpia : « Ce que j’aime particulièrement c’est découvrir un sujet insolite. Récemment j’ai commencé une liste de sons inexpliqués c’est très amusant. Un sujet me tient à cœur celui des femmes prix Nobel. L’article était hautement intéressant à écrire et a d’ailleurs été labellisé, c’était important pour moi qui suis une femme travaillant dans l’ingénierie. »

FredD a 28 ans et a déjà plus de 13 200 contributions à derrière lui. Nojhan est chercheur en algorithmes et s’est inscrit en 2003. Fourvin, 57 ans, réside à Paris.


Fourvin : « Mon inscription remonte à 2004 suite à une interview sur le travail collaboratif en ligne qui m’a fait découvrir le projet qui n’avait pas encore 50 000 articles. »

FredD : « J’ai commencé en contribuant principalement en musique. Ensuite j’ai fait des études littéraires et beaucoup contribué en Littérature et Histoire (notamment de la Renaissance). Puis je suis devenu biologiste, et aujourd’hui je suis l’un des principaux contributeurs en biologie marine, et notamment responsable de l’imposante “Biodiversité marine des lagons de la Réunion“. »

Nojhan : « Wikipédia était parfaitement en accord avec la philosophie de la communauté scientifique, dans laquelle je faisais mes premiers pas, notamment en ce qui concerne la vulgarisation et l’éducation populaire. Wikipédia est l’évolution naturelle de cette manière d’apprendre, avec une puissance de frappe encore plus grande. Je dis souvent que j’ai plus appris sur l’épistémologie en pratiquant Wikipédia que sur les bancs de l’université ! »

Yann partage sa vie entre la Haute-Savoie et la ville d’Ahmedabad en Inde. Anthere est à l’origine de nombreux projets comme Wiki Loves Africa ou Wiki Loves Women.

Yann : « J’étais ingénieur système et réseau, spécialiste des logiciels libres, autant par conviction pour les licences libres que par intérêt pour les techniques informatiques. J’ai aussi toujours été partisan d’un assouplissement des droits d’auteur. Les projets Wikimedia sont donc pour moi une extension naturelle des licences libres, des logiciels vers le contenu. »

Anthere : « Tout a commencé avec les retombées de septembre 2001 et  l’envie dévorante de faire entendre aux américains un son de cloche différent de celui seriné par leur gouvernement et la chaîne Fox News Channel (entre autres…). En gros… j’avais des envies de NPOV. Quand j’ai découvert Wikipédia, j’ai compris que j’avais trouvé ce qu’il me manquait. »

Retrouvez l’intégralité des témoignages sur la page Facebook de l’association : FredD, Nojhan, Yann, Anthere, Benoît Prieur, Fourvin, Euterpia, Theoliane, Harmonia Amanda, SenseiAC, Jitrixis, Tyseria, Lundi Novembre0x010C. Articles pouvant vous intéresser:

Un anonyme

Ils ont fait un don - 25 septembre, 2012 - 09:44
(don de 30 euros) Félicitations, Persévérez!!!

Fabien Auréjac

Ils ont fait un don - 17 septembre, 2012 - 21:04
(don de 7 euros) Wikipedia m'aide beaucoup dans les domaines de connaissances que je veux approfondir.