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Day 2: Journée pluvieuse mais fructueuse à la Wikimania 2016

actualités - 26 juin, 2016 - 14:50

C’est sous une pluie diluvienne qu’ont démarré les conférences, rencontres et ateliers de cette deuxième journée à Esino Lario. Rien n’a pu néanmoins doucher l’enthousiasme des wikimédiens français. Ils ont en effet animé une conférence sur l’importance qu’a pris en France le projet Wiktionnaire, dont nous avions publié l’extraordinaire odyssée il y a quelques articles… Très attendus et largement soutenus par les francophones, c’est avec beaucoup d’énergie que Noé Gasparini, Lucas Lévêque et Benoît Prieur ont détaillé l’engouement qu’il y a eu autour du développement de ce projet en France et ses retombées positives, notamment dans les médias.

Sebastiaan ter Burg (CC-BY-2.0)

En fin de journée, s’est tenu un meeting réunissant les directeurs exécutifs des chapitres Wikimédia,  auquel Nathalie Martin a participé pendant qu’une autre réunion se tenait avec l’ensemble des présidents des organisations affiliées au mouvement, à laquelle Emeric Vallespi  à participé, afin d’aborder divers sujets liés à l’amélioration des échanges de bonnes pratiques entre les chapitres et dans le mouvement, et à la rencontre avec la nouvelle Directrice Exécutive de la Wikimedia Foundation. Enfin, dans la continuité du travail entrepris suite à la Wikimania 2015 à Mexico, Anne-Laure Prévost a participé à la réunion du groupe de travail ‘Partnerships and Resource Development’ afin d’enrichir l’espace dédié aux récits d’expérience et aux bonnes pratiques des chapitres en terme de partenariats.

Cette journée s’est conclue par un concert sur la place principale du village. On se retrouve encore demain pour faire le point sur le troisième  et dernier jour de cette Wikimania 2016.

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Day 1: un démarrage sur les chapeaux de roues pour Wikimania 2016 !

actualités - 25 juin, 2016 - 09:37

C’est à Esino Lario près du lac de Côme en Italie que la 12e édition de Wikimania se déroule. Des annonces et rencontres pimentées ont été à l’ordre du jour.

Après deux jours de pré-conférence, notamment technique avec la tenue du traditionnel hackathon, ce jeudi 24 juin a vu le lancement de la Wikimania 2016. À cette occasion, Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, a pris la parole pour annoncer l’élection de Christophe Henner, ancien président de Wikimédia France, comme membre et président du conseil d’administration de la Wikimédia Foundation pour une durée de 3 ans. À la suite de son intérim, Katherine Maher a été nommée directrice exécutive de la Wikimedia Foundation. Ces annonces officielles ont été suivie d’une inspirante présentation de l’impact positif de la Wikimania 2016 sur Esino Lario, par Catherine de Senarclens, membre du conseil municipal du village. Jimmy Wales s’est d’ailleurs vu remettre les « clefs du changement » par le maire de la ville pour clore cette séance.

Du “coolest project” aux enjeux de la confidentialité comme frein à l’accès à la connaissance, c’est un programme riche qui est proposé aux 1000 wikimédiens accueillis par les habitants d’Esino Lario. C’était aussi l’occasion pour tous les francophones de se retrouver lors du Meetup de fin de journée et d’échanger sur les projets en cours et à venir. À ce titre, un zoom sur la première Wikiconvention Francophone, qui se déroulera du 19 au 21 août à Paris, a été fait par Pierre-Yves Beaudouin (les inscriptions sont ouvertes, pour rappel !).

Les Wikimédiens francophones pris en photo par Pierre-Selim (CC-BY-SA 4.0)

Rendez-vous demain pour un nouveau point autour de la deuxième journée
à Esino Lario ! Vous pouvez aussi suivre le fil twitter #Wikimania2016 et le compte @WikimaniaEsino pour plus d’informations.

Crédits photo galerie : Niccolò Caranti – CC-BY-SA 4.0

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Privatisation du domaine public : avec la loi création, on a touché le fond !

actualités - 21 juin, 2016 - 15:38

 

 

 

Mercredi dernier a eu lieu la Commission Mixte Paritaire dans le cadre du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, les parlementaires ont frappé particulièrement fort avec deux mesures notablement absurdes et scandaleuses.

La première concerne la privatisation de l’image des domaines nationaux qui a été entérinée. Nous vous expliquions cette affaire, en détails, dans un précédent article de blog. Demain, Wikipédia va donc se retrouver privée d’illustrations pour des articles emblématiques de l’histoire et de la culture française tels que : le Château de Chambord, le Château de Versailles, le Château de Saint Germain en Laye… Alors même que ces bâtiments sont tombés dans le Domaine public, les parlementaires ont créé un droit inédit pour leurs gestionnaires, afin de susciter de nouveaux revenus liés à l’utilisation des images.

La deuxième mesure concerne la mise en place d’une redevance obligatoire liée à l’indexation des moteurs de recherche. Ces derniers vont devoir payer pour avoir le droit d’indexer des photos et illustrations et les présenter dans les résultats. Voici l’objectif affiché mais ce qui est intéressant c’est la stratégie déployée pour y parvenir !

Toutes les images qui vont être publiées sur le web (réseaux sociaux, blog ou site personnel, forums, etc) vont être automatiquement mises en gestion auprès des différentes sociétés d’ayants-droit. Cette affiliation d’autorité ne permettant pas d’identifier les auteurs, ni le statut juridique des contenus, les sommes vont êtres versées directement par les moteurs de recherche à ces sociétés de perception et de répartition des droits, sans que les auteurs touchent quoi que ce soit.

 

C’est tout simplement une spoliation des œuvres réalisées, avec la complicité de l’Assemblée Nationale et du Sénat, qui au-delà de l’aspect du gain illégitime pose d’autres questions :

– les licences Creative Commons sont tout simplement niées donc rendues inopérantes,

– les images illicites vont générer des revenus similaires aux images licites.

 

On se demande vraiment comment les parlementaires ont pu cautionner à la fois ce non-respect du droit des auteurs et à la fois ce mépris éhonté de la légalité d’une image.

Ces régressions sont d’autant plus douloureuses qu’au même moment, nos voisins belges ont su faire preuve de plus de discernement en adoptant le jeudi 16 juin dernier la liberté de panorama, sans restriction commerciale. Ils viennent grossir les rangs des pays européens qui s’engagent en faveur du partage de la connaissance et d’un droit correspondant à la réalité des usages.

Pendant ce temps-là la France, quant à elle, n’a jamais fait autant d’efforts pour privatiser les biens communs…

 

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La Wikimania se met au vert…

actualités - 21 juin, 2016 - 13:05

Connaissez-vous Esino Lario ? C’est un petit village de 761 habitants, situé à 12 kilomètres au-dessus du lac de Côme et à 100 kilomètres de Milan, dans la province de Lecco en Lombardie. Cet endroit diffère en tous points des lieux d’accueil des précédentes Wikimania, qui se sont tenues depuis 2005 au cœur de mégapoles mondiales telles que Hong-Kong, Washington, Londres, Alexandrie ou encore Mexico. Cette année, une équipe de plus de 35 bénévoles, avec le soutien de Wikimedia Italie, s’est mis en tête de permettre à plus de 1000 contributeurs aux projets Wikimedia venant du monde entier d’avoir pour terrain de jeu et lieu de retrouvailles un village tout entier.

Un challenge et une épopée qui partent d’un questionnement : que représente la Wikimania pour ses participants ? L’objectif de cet événement est-il de rassembler le plus grand nombre de personnes possible ? L’organisation d’une telle conférence est-elle durable pour les pays qui l’accueillent ? Quelles traces de son passage, au-delà d’un événement éphémère ? Wikimania Esino Lario 2016 a pour vocation de remettre en question un format bien rodé et d’embarquer les participants à travers une expérience au grand air, au cœur des montagnes italiennes. Une occasion d’offrir à la communauté des wikimédiens une occasion unique d’intensifier ses échanges et de vivre au rythme des habitants qui l’accueillera.  Et surtout, un objectif de pérennité : un développement territorial pour ce village, qui perdurera après la grand-messe des contributeurs à Wikipédia.

Plus qu’un rassemblement,  un projet de développement à fort impact

Pour pouvoir satisfaire aux exigences d’un rassemblement tel que la Wikimania, c’est un projet de développement territorial qui a vu le jour en 2014, de manière à disposer d’assez de temps pour rendre le village apte à l’accueil des participants. Les aménagements prévus ont été conçus pour être pérenne et apporter au village d’Esino Lario et ses habitants, des infrastructures durables qui auront un impact sur leur quotidien. En premier lieu, une connexion wi-fi disponible dans toute la ville et l’installation de la fibre optique dans 7 bâtiments publics, mais aussi : la réhabilitation de la salle de sport municipal afin qu’elle soit accessible à tous, la rénovation de l’ancien cinéma local en une salle polyvalente, la création d’une salle multimédia et la réhabilitation du musée de la ville dans un nouveau bâtiment, la rénovation des équipements sportifs en extérieurs et la création d’un nouveau parking. Derniers travaux, et non des moindres : la rénovation de la seule et unique route menant à Esino Lario, qui n’avait pas été faite depuis plus de 40 ans.

Pour réussir un tel exploit et mener un projet de cette envergure, les équipes bénévoles mobilisées sont allées à la recherche de soutiens financiers : ils ont obtenu 200 000 € de la part de la Fondation Wikimedia, 190 000 € de la Fondation Cariplo, 500 000 € de la région de Lombardie, sans compter les nombreux sponsors locaux et le soutien du conseil municipal.

Wikimédia France se rendra à Esino Lario la semaine prochaine, pour une expérience qui promet d’être unique en son genre : nous vous tiendrons informés de la suite de nos aventures sur ce blog !

 

 

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La première Wikiconvention francophone arrive à Paris !

actualités - 20 juin, 2016 - 10:09

La toute première WikiConvention francophone aura lieu à Paris du 19 au 21 août 2016 !

Comme son nom l’indique, elle accueillera près de 160 participants francophones issus des communautés des projets Wikimedia comme Wikipédia et ses projets-frères. Elle a été conçue pour contribuer à l’émergence et au développement d’entités francophones locales. Des Wikimédiens venant d’Algérie, de Belgique, de Côte d’Ivoire, de Madagascar, de Suisse, du Sénégal, de France, de la Tunisie, du Canada et d’ailleurs sont attendus. Un tel événement s’inscrit dans les missions de WikiFranca, coopération des entités francophones du mouvement Wikimedia, où Wikimédia France s’investit de manière conséquente.

Organisée pour la première fois pour et par les Wikimédiens francophones, comme cela a été le cas, depuis plusieurs années dans les communautés germanophones, hispanophones, ou encore néerlandophones, la WikiConvention sera un événement dédié au partage de savoirs, de pratiques et de perspectives pour encourager les synergies et développer des stratégies d’enrichissement des projets Wikimedia en français, sans oublier de valoriser les langues régionales et minoritaires des pays participants. Elle cherchera également à assurer la présence de contributrices, notamment par la mise en œuvre d’une garderie sur place. En effet, moins de 15 % des contributeurs à Wikipédia aujourd’hui sont des femmes. Ce fossé des genres est un combat prioritaire du mouvement, tout comme l’est la contribution des pays dits du “Sud”. En effet, l’un des objectifs prioritaires de la Wikimedia Foundation, comme pour le reste du mouvement Wikimedia est d’agir face au fossé qui se creuse entre les pays dits “du Nord” et ceux dits “du Sud” tant au niveau de la diversité des contenus qui se trouvent sur les projets Wikimedia, que sur la diversité des contributeurs à ces projets.

L’événement sera accueilli au sein de la Halle Pajol, un bâtiment récemment réhabilité, éco-conçu, pourvu de 7 salles de réunion et d’une auberge de jeunesse, afin de faciliter l’hébergement des participants à moindres frais. Dans cette même idée, plusieurs partenaires soutiennent cet événement. L’Organisation Internationale de la Francophonie finance généreusement la venue de 15 Wikimédiens d’Afrique francophone, dont la contribution aux débats est essentielle ; Google soutient financièrement la mise en œuvre de l’événement et la Fondation L’Oréal participe quant à elle à permettre l’accueil d’enfants lors de la convention, afin de favoriser la venue des parents, comme évoqué ci-dessus. Wikimedia CH soutient également cette action, à travers un soutien financier mais aussi grâce à l’attribution de bourses pour les participants suisses.

Le programme est encore en train d’être affiné, mais les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes et ce jusqu’au 15 juillet.

Plus d’informations sur la page Meta de l’événement.

Pour retrouver toute l’actualité de la WikiConvention, abonnez-vous au fil Twitter @wikiconvention et suivez le hashtag #WikiConvFR !

 

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Prochain sommet mondial de l’OGP à Paris

actualités - 17 juin, 2016 - 17:32

OGP, kézako ?

“Inaugurée en septembre 2011 par huit pays fondateurs, l’Open Government Partnership est une initiative multilatérale qui compte aujourd’hui 65 pays membres, ainsi que des ONG et représentants de la société civile. Le Partenariat s’attache, au niveau international, à promouvoir la transparence de l’action publique et la gouvernance ouverte, à renforcer l’intégrité publique et combattre la corruption, et à exploiter les nouvelles technologies et le numérique pour renforcer la gouvernance publique, promouvoir l’innovation et stimuler le progrès.”

Source : Blog de la mission Etalab, https://www.etalab.gouv.fr/ogp

 

 

 

 

 

Présidence française en 2016

La France a rejoint le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (OGP en anglais) en avril 2014 et en assurera la présidence à partir de septembre 2016, pour une durée d’un an, après en avoir occupé la vice-présidence lors du mandat de l’Afrique du Sud. Un plan d’action 2015-2017, co-construit avec des acteurs de la société civile, a été rendu public l’année dernière et est disponible en ligne. La France prend ainsi 26 engagements, sur 5 axes :

  1. rendre des comptes ;
  2. consulter, concerter, et coproduire l’action publique ;
  3. partager des ressources numériques utiles à l’innovation économique et sociale ;
  4. poursuivre l’ouverture de l’administration ;
  5. positionner le gouvernement ouvert au service du climat et du développement durable.

4e sommet mondial à Paris

Le quatrième sommet mondial de l’OGP se tiendra à Paris du 7 au 9 décembre 2016, dans trois lieux d’exception : la salle Pleyel,  le palais de Tokyo et le palais d’Iéna. Des représentants des gouvernements, du monde universitaire, de la société civile et des organisations internationales se réuniront à cette occasion pour partager leurs expériences et bonnes pratiques et faire progresser l’agenda du gouvernement ouvert à l’aune des grands enjeux de notre monde. Le programme de cette rencontre sera là encore co-construit avec les participants, et sa version finale sera présentée à la rentrée. Un comité de programme a été constitué, comprenant 3 représentants de la société civile. Les candidatures retenues ont été les suivantes :

  • Benjamin Jean, président d’Open Law
  • Ismaël Le Mouël, co-fondateur de HelloAsso
  • Emeric Vallespi et Nathalie Martin, président et directrice exécutive de Wikimédia France

Nous ne manquerons pas de vous faire part, dans les prochaines semaines, de l’avancée de ces travaux !

Crédits : Logo de l’OGP – Open Government Partnership – CC-BY-SA 3.0

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Copyfraud sur les Domaines Nationaux

actualités - 8 juin, 2016 - 14:10

A l’occasion d’un projet de loi sur le patrimoine, les parlementaires ont introduit des amendements permettant aux domaines nationaux de s’arroger un droit à l’image sur les bâtiments qu’ils gèrent. Droit qui n’existait pas jusqu’alors !

C’est ainsi que le domaine national de Chambord, ou celui de Versailles, pourront demander le paiement de droits concernant l’utilisation des photos des châteaux qu’ils gèrent, s’ils estiment qu’elle revêt un caractère commercial.

À maintes reprises, nous avons expliqué la difficulté actuelle de déterminer ce qui relève ou non d’un périmètre commercial. (1)

Or, depuis des siècles, ces monuments historiques appartiennent au patrimoine de la Nation et au domaine public.

Ce ne sont pas à des gestionnaires, mandatés par l’État français pour prendre soin des témoignages de notre histoire, de décider de l’usage qui doit être fait, ou pas, de leur image. Chacun doit être libre de la réutiliser comme il l’entend, puisqu’ils constituent des (biens) communs !

Cette nouvelle volonté des gestionnaires d’exploiter un nouveau filon commercial n’est rien d’autre qu’un copyfraud manifeste, une privatisation illégitime d’un bien public que Wikimédia France dénonce avec vigueur.

Le château de Chambord par Arnaud Scherer [CC BY-SA 4.0 ]

Si cet article de loi est adopté définitivement, le 15 juin prochain, lors de la CMP (Commission Mixte Paritaire : commission constituée de parlementaires du Sénat et de l’Assemblée Nationale), il entraînera un retrait de toutes les photos de ces lieux emblématiques de notre passé, des projets Wikimédia, car elles ne seront plus libres de droits.

Ce serait un appauvrissement conséquent de la qualité des articles de Wikipédia, ce que nous déplorons. En effet, ces articles et photos offrent une visibilité incomparable à ces sites, dont il serait dommage de se priver. Plus largement, c’est donc le rayonnement de la culture française qui est directement menacé.

Qu’est-ce qui explique un tel retour en arrière aujourd’hui ?

Le Château de Chambord a voulu empêcher une marque de bière d’utiliser son image pour ses publicités. Après avoir essayé d’imposer au brasseur une facture s’élevant à 251 160 € sans succès, l’affaire est portée en justice. Après moult épisodes, la Cour d’appel de Nantes confirme, en 2015, les jugements antérieurs, et condamne le château à verser 1 500 €, au titre des frais de justices.

Qu’à cela ne tienne, n’ayant pas eu gain de cause devant les tribunaux, il essaie aujourd’hui de faire changer la loi ! (2)

Nous n’avons plus que quelques jours pour éviter l’inscription de cette nouvelle enclosure dans la loi.

C’est pourquoi, nous lançons un appel aux parlementaires pour qu’ils défendent l’espace public, ainsi que la visibilité sur internet de notre patrimoine, malgré les demandes, à très courte vue, des gestionnaires financiers des domaines nationaux.

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Wiki Loves Earth 2016 : la 2e édition française terminée

actualités - 6 juin, 2016 - 14:46

Vous avez pu découvrir le concours photo Wiki Loves Earth en 2015, année de la première participation de la France à cette compétition internationale visant à collecter des photos de sites du patrimoine naturel – tels que les réserves naturelles, les zones de conservation du paysage, les parcs nationaux, les zones et paysages pittoresques, les jardins remarquables… Tout cela dans le but à la fois d’illustrer des articles de l’encyclopédie libre Wikipédia et également de sauvegarder sur Internet aussi ces espaces protégés.

En 2015, 108 000 photos avaient été soumises entre le 1er et le 31 mai, par plus de 8 900 participants de 26 pays différents. Pour cette deuxième édition française, qui est également la troisième édition internationale, autant de pays se sont impliqués dans le concours, et nous pouvons notamment citer l’Australie, qui pour sa première participation a recueilli 4 126 photos !

Quelques chiffres-clés pour l’édition française (source : Wikimedia Commons) :

  • 2 442 images téléversées
  • 161 contributeurs, dont 115 nouveaux
  • En moyenne, 15 photos téléversées par contributeur
  • Plus de 20 % de photos non admissibles (notamment des gros plans de plantes ou d’animaux)

Une standing ovation au top 5 des contributeurs de l’édition 2016 : Ibex73, PIERRE ANDRE LECLERCQ, Espirat, Lionel Allorge et X-Javier, qui à eux seuls ont téléversé plus de la moitié des photos en compétition.

Il faut également remercier les personnes impliquées dans l’organisation du concours et notamment Pmau, qui, dans l’ombre, a vérifié la grande majorité de toutes ces photographies. Il nous livre quelques informations sur son travail de vérificateur :

Les vérifications « faciles »

  • taille du fichier : produit de la largeur par la hauteur inférieur à 2000000 pixels
  • licence bien renseignée
  • espace naturel bien renseigné
  • présence de watermark

Les vérifications « moyennes »

  • apprécier si la photo respecte le cadre du concours (espaces naturels)
  • apprécier si la photo a bien été faite dans l’un des espaces naturels
  • contrôler si la commune éventuelle fait partie d’un parc naturel régional ou d’un parc national
  • ajouter d’autres catégories (plantes, animaux, communes, coucher de soleil, etc)

Les vérifications « difficiles »

  • corriger les emplacements incorrects ou manquants
  • géolocaliser quand c’est possible : retrouver le cadrage avec Google Earth et geolocator

Un travail de titan (et de fourmi !) pour que le jury de cette édition 2016 puisse ensuite faire son travail de sélection des 10 images gagnantes. Cette année, il se compose de 5 gagnants de l’année dernière ; d’Anne-Sophie Novel, docteur en économie, journaliste et blogueuse et de Philippe Julve, enseignant, chercheur en écologie et membre du conseil d’administration de Tela Botanica et du réseau des Conservatoires d’espaces naturels.

Les résultats seront connus durant l’été : à suivre !

 

Crédits photos (toutes sous licence CC-By-SA 4.0) :

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Lauréats du Wikiconcours lycéen 2015-2016

actualités - 1 juin, 2016 - 14:25

By Jean-Philippe WMFr (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

D’octobre 2015 à mai 2016, 60 classes du secondaire ont participé au Wikiconcours lycéen.

Cette action, organisée pour la quatrième année consécutive, associe le CLEMI (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) à Wikimédia France pour proposer aux lycéens et lycéennes de contribuer à Wikipédia (création d’articles et enrichissement de contenus existants). Le projet s’inscrit dans une démarche d’éducation aux médias et à l’information ainsi que d’éducation au numérique. L’écriture collaborative est au centre du travail et mobilise des compétences essentielles telles que savoir chercher, savoir organiser, savoir vérifier, savoir publier.

Ce Wikiconcours lycéen a rassemblé dix-sept académies et six lycées français à l’étranger : Aix-Marseille, Bordeaux, Caen, Corse, Créteil, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Montpellier, Nancy-Metz, Orléans-Tours, Paris, Poitou-Charentes, Rennes, Strasbourg, Toulouse, New-York (États-Unis), Port-Vila (Vanuatu), Tamatave (Madagascar), Londres (Royaume-Uni), Braila (Roumanie) et Madrid (Espagne).

Les coordonnateurs du CLEMI ont bénéficié d’une formation à la contribution en décembre 2015 ; les élèves, enseignants et documentalistes ont pu s’appuyer sur une page de ressources et d’aide dont l’objectif est de les guider dans leur découverte de Wikipédia. Une page de discussion a également permis des interactions avec la communauté wikipédienne.

Lauréats

  • Le prix de la rédaction et de la contribution, qui récompense la qualité des contributions, est décerné au lycée français de New-York (États-Unis) ;
  • Le prix de la communauté, qui récompense le travail collaboratif et les interactions avec les Wikipédiens, est attribué à l’établissement Voltaire (Orléans, académie d’Orléans-Tours) ;
  • Le prix coup de cœur revient à l’établissement Jean Monet (Annemasse, académie de Grenoble) pour la création de l’article Dessin de presse en France ;

Le jury remercie et félicite chaleureusement l’ensemble des participants pour leurs contributions. Le rapport du jury est consultable ici afin que les différents participants puissent progresser dans la maîtrise de l’outil Wikipédia.

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L’extraordinaire odyssée du Wiktionnaire

actualités - 2 mai, 2016 - 09:30

Lyokoï, wiktionnariste et référent du groupe local de Lyon – aussi connu sous le nom de “cabale de la quenelle” – retrace pour notre blog le chemin parcouru jusqu’à la création de la première Wikipermanence au monde autour du Wiktionnaire. Un récit vivant et plein d’humour, à la découverte d’un projet moins bien connu que sa grande sœur Wikipédia.

Le Wiktionnaire fait partie des projets Wikimédia, impulsés par la Wikimedia Foundation. Son objectif est de « définir tous les mots de toutes les langues dans toutes les langues ». Il existe en 172 langues, est fondé sur un système de wiki et son contenu, librement réutilisable, est publié sous licence CC-BY-SA. Image : logo du Wiktionnaire – Smurrayinchester – CC-BY-SA 3.0

Genèse d’une idée

« Tiens ? T’es sur le Wiktionnaire toi aussi ? » Tout a commencé ainsi. Depuis, quelque chose d’inédit s’est mis en place en France : la seule et unique Wikipermanence (réunion informelle et régulière autour d’un projet lié à l’univers Wikimedia) du monde uniquement dédiée au projet du Wiktionnaire.

Mais revenons au commencement : Lyon, une ville où il fait bon vivre, et surtout bon manger, accueille un groupe local de Wikimédiens important. Une vingtaine de personnes se réunissent ainsi régulièrement pour discuter, boire un coup, mais surtout ripailler. Fait inhabituel pour ce groupe, il dispose d’une forte représentation de wiktionnaristes – c’est-à-dire, contributeurs au Wiktionnaire – alors qu’ils sont peu nombreux dans le reste du pays. Cette prise de conscience de leur existence mutuelle les a amenés à un coup de génie à la fin de l’année scolaire 2014-2015 : tenir une permanence pour parler de ce projet.

Première étape : le lieu et les personnes

Il existe à Lyon un lieu génial pour les philologues, répondant au doux nom de KoToPo, qui en espéranto signifie : « etc ». C’est un bar, tenu par l’association Mille et une langues, qui, envers et contre tout, s’est donné pour objectif d’apprendre au plus grand nombre de personnes possible une des 45 langues enseignées en son sein. Dictionnaire – Langue ? Le lien est évident. Il n’a pas fallu longtemps pour que Noé, un membre appartienne aux deux entités et lance l’idée que la minorité agissante du Wiktionnaire pouvait bien former les apprentis du KoToPo à utiliser ce dictionnaire en tant qu’outil d’apprentissage d’une langue.

Ainsi fut-il : tous les premiers jeudis du mois, de 17h à 20h (officiellement, mais ça a tendance à déborder…), un groupe de 3-4 personnes se réunissent pour présenter le projet aux curieux et pour discuter entre eux. Les curieux sont peu nombreux, mais certains sont devenu des contributeurs occasionnels, et c’est ce que l’on pouvait espérer de mieux.

Cet espace de discussion de vive voix bouleversa le petit monde du Wiktionnaire (enfin petit… si on regarde les chiffre, c’est plutôt le contraire : presque 3 millions de mots venant de presque 4000 langues y sont décrits). En effet, depuis que ces wiktionnaristes disposent d’un temps dédié au débat autour du Wiktionnaire, ils ont formalisé de nombreuses avancées.

Deuxième étape : porter la bonne parole et impliquer la communauté

Cette permanence est par ailleurs directement issue d’une série de conférences que j’ai pu donner, depuis septembre 2014, en sillonnant la France pour présenter le Wiktionnaire à des publics très variés : lexicographes, linguistes, locuteurs de langues régionales, enseignants, libristes, etc. Les compte-rendus de ces interventions, établis de manière quasi-systématique, donnent souvent lieu à des retours de la part de la communauté en vue d’améliorer la visibilité du projet.

Cette même communauté fait preuve d’une grande curiosité quant à son propre fonctionnement ainsi que de l’avancement de son projet. Certains questionnements ont pu se mettre en place grâce au rassemblement quasi mensuels des Lyonnais. En effet, il n’est pas rare qu’un minimum de wiktionnaristes soient présents et engagent une discussion sur leur sujet préféré (après les bugnes, cela va sans dire !) : le Wiktionnaire.

Troisième étape : des projets pilotes pour inspirer la réflexion

C’est ainsi que s’est d’abord construit le projet WikiFromages (en écho au WikiCheese sur Wikipédia) qui amena notre communauté de Wiktionnaristes lyonnais à s’interroger sur de multiples facettes cachées du projet :

  • réflexion sur les annexes et les thésaurus ; proposition de les intégrer par défaut dans la recherche de base ;
  • mise en place d’une réflexion et d’un début de protocole sur l’intégration du gaulois, qui pourra servir à terme à d’autres langues mortes partiellement écrites ;
  • établissement du premier bilan annuel du Wiktionnaire ;
  • proposition et mise en place de l’actualité mensuelle du projet ;
  • retravail des pages d’aides et de convention ;
  • changement de mise en forme des signes de prononciation pour rendre compte de la diversité…

Au-delà des questionnements propres au fonctionnement du Wiktionnaire et à ses potentialités en tant qu’outil, l’analyse du projet a changé et une vraie réflexion s’est mise en place. Que peut-on faire avec le Wiktionnaire ? Quelles sont ses limites ? Comment l’améliorer ? Qui en a besoin sans le savoir ? Comment faire connaître le projet ?

Quatrième étape : partager avec d’autres le chemin parcouru

On peut considérer, grâce au chemin parcouru, que le Wiktionnaire français fait parti des petits projets les plus actifs de la Wikimedia Foundation, et qu’il a beaucoup à apprendre aux autres. Lorsque nous avons pris conscience de cela, nous sommes allés voir comment cela se déroulait ailleurs. Les anglophones vivant dans des lieux très éclatés ont actuellement énormément de mal à se rassembler, les autres petits wikis sont malheureusement souvent trop peu peuplés pour disposer d’une base de contributeurs minimale. Dans cette optique, nous proposons de partager notre cheminement lors de la Wikimania 2016, qui aura lieu en juin en Italie, où notre proposition de conférence a été acceptée (en plus d’une câlinothérapie entre petits projets).

Si l’encyclopédie Wikipédia est de mieux en mieux comprise par les professionnels du savoir, les autres projets sont encore complètement dans son ombre et leur milieu est souvent à des kilomètres d’une réflexion poussée (environ un centaine d’étude pour le Wiktionnaire contre plus de 5000 pour Wikipédia, toutes langues confondues pour les deux projets). A titre d’exemple, les éditions Larousse et Robert ont découvert l’ampleur du projet Wiktionnaire lors de ma conférence aux Journées Des Dictionnaires en février 2015…

Mais l’avenir est de toute façon radieux : parce que les projets sont libres et que les idées sont folles, parce que les besoins de sauvegarde linguistique sont phénoménaux et les données gigantesques (comptez plusieurs milliers d’entrées par langues, pour plus de 7500 langues), parce que tout le reste n’est finalement pas assez pour ceux qui veulent partager leur savoir et parce qu’il faudra toujours des petits projets pour qu’ils deviennent grands…

« Quoi ? Encore un wiktionnariste ? » est désormais une réflexion commune dans la cabale de la quenelle à Lyon.

Lyokoï

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Liberté de panorama : le Sénat persiste dans l’erreur et signe !

actualités - 28 avril, 2016 - 17:01
Comme nous vous le disions mardi, de nombreux sénateurs ont soutenu notre vision de la liberté de panorama. Le sujet de la liberté de panorama aura déchaîné les passions tant à droite qu’à gauche. Malheureusement, tardivement, la lourde machine des lobbies de l’industrie culturelle s’est mise en marche, de manière pour le moins efficace.Le sénateur Assouline, grand porte-parole des sociétés d’ayants-droit, nous parle de la « population d’artistes la plus fragile », « sous le seuil de pauvreté », pour défendre les architectes et les sculpteurs ayant vendu leurs ouvrages à des collectivités territoriales. La sénatrice Robert instrumentalise, quant à elle, la cause des photographes professionnels alors que les droits de ces derniers ne sont pas touchés par la liberté de panorama (nous vous le disions, ils en seraient pourtant même les premiers bénéficiaires).

Néanmoins, le combat ne fut pas vain. Bien au contraire. En voyant les courageuses positions prises par les sénateurs Chaize, Leconte et Rome, nous constatons que nos parlementaires peuvent faire preuve de pragmatisme et évoluer avec leur société. Malgré cela, plusieurs sénateurs n’ont pas tenu compte des réalités d’Internet en faisant voter un amendement inapplicable.

Le séanteur Assouline se félicite d’une prise en compte des usages d’Internet faite « sans barrages conservateurs ». Il fait cependant preuve de méconnaissance du droit lorsqu’il reconnaît que, jusque là, le particulier pouvait être poursuivi, mais qu’aujourd’hui, en déposant une photo sur un réseau social seule la plateforme pourrait être incriminée. Or, c’est bien le particulier qui signe les conditions générales d’utilisation permettant l’utilisation commerciale de sa photo. A ce titre, le sénateur Chaize rappelle que les sénateurs sont également là pour défendre le particulier en danger, qui jusque là, n’a été représenté par personne. Ils étaient pourtant près de 19 000 à demander une liberté de panorama applicable.

Malgré les efforts remarquables de l’industrie culturelle pour rendre cette loi inopérante, nous pouvons, néanmoins, nous réjouir du fait que le principe de liberté de panorama ait eu un tel impact médiatique et politique. La sénatrice Mélot, rapporteur sur ce projet de loi, conviendra même du fait qu’il s’agissait d’une « exception justifiée ».

A l’instar de la sénatrice Mélot, nous pensons que cette liberté est appelée à évoluer. Deux occasions se présenteront : la discussion en Commission Mixte Partiaire et celle de la révision de la directive européenne sur le droit d’auteur. D’autant que notre gouvernement, par la voix d’Axelle Lemaire, est désormais favorable à cette exception.

A ce sujet, n’hésitez pas à répondre, comme nous, à la consultation européenne sur la liberté de panorama.

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Projet de loi numérique : début des débats au Sénat

actualités - 26 avril, 2016 - 16:01
Les débats sur le projet de loi « pour une République numérique » ont commencé cet après-midi, et se poursuivront jusqu’à jeudi, vers l’adoption du projet de loi par vote solennel le 3 mai.

De nombreux sénateurs, de tous bords, ont entendu les 19 000 signataires de notre pétition. En effet, durant toute la phase au Sénat, 36 sénateurs ont, et vont, soutenir notre vision de la liberté de panorama, à travers 5 amendements.

16 sénateurs en commissions (3 amendements), puis 30 en séance (2 amendements) demandent une liberté de panorama fonctionnelle. Aucun amendement n’a été déposé pour demander le retrait de la notion de liberté de panorama tant cette exception est justifiée.

Ainsi, nous vous livrons la liste de ces 36 sénateurs, accompagnés des liens vers les textes d’amendements :

Jérôme Bignon
Jean Bizet
François Bonhomme
Gilbert Bouchet
François Calvet
Agnès Canayer
Caroline Cayeux
Patrick Chaize (amendements n°COM-187 et n°71)
Gérard Cornu
Philippe Dallier
Dominique De Legge
Louis-Jean De Nicolaÿ
Catherine Deroche
Dominique Estrosi Sassone
Bernard Fournier
Joëlle Garriaud-Maylam
Jean-Pierre Grand
Loïc Hervé
Jean-François Husson
Fabienne Keller
Claude Kern (amendement n°COM-158)
Marc Laménie
Robert Laufoaulu
Philippe Leroy
Michel Magras
Didier Mandelli
Patrick Masclet
Philippe Mouiller
Cyril Pellevat (amendement n°COM-154)
Jean-François Rapin
Yves Rome (amendement n°196)
René-Paul Savary
Jean-Pierre Sueur
André Trillard
Michel Vaspart
Alain Vasselle



Les débats sur la liberté de panorama devraient avoir lieu demain en fin d’après-midi ou en soirée (article 18 ter du projet de loi). N’hésitez pas à suivre ici les débats en direct.

Il est toujours temps de signer notre pétition !. Articles pouvant vous intéresser:

Retour sur la première journée contributive sur l’entrepreneuriat social à Paris !

actualités - 26 avril, 2016 - 12:56

Pierre Chevelle, à l’initiative du projet-livre “Changer le monde en 2 heures” revient pour nous sur la tenue du premier edit-a-thon sur l’entrepreneuriat social à Paris.

Les participants à l’edit-a-thon entrepreneuriat social – par Jérôme Bonpierre – CC-BY-SA 4.0

Dans le cadre du mois de la contribution s’est tenu le premier edit-a-thon sur des projets solidaires samedi 19 mars 2016 à Paris. Avec le soutien de Wikimédia France, cette journée contributive, organisée par Changer le monde en 2 heures et le Noise, a rassemblé 60 participants pour créer et enrichir les articles Wikipédia de projets solidaires. Après une introduction aux principes de Wikipédia et à la contribution par un administrateur, les participants ont travaillé en petits groupes sur un article parmi un corpus d’articles éligibles préparé en amont.

Au total, les participants, débutants pour la majorité, ont créé et enrichi les articles Wikipédia d’une quinzaine de projets solidaires parmi lesquels le Mouvement Colibris de Pierre Rabhi, le collectif Disco Soupe ou l’association Passerelles & Compétences. Dans une ambiance bienveillante, le prix du meilleur article a été remis à l’équipe de l’article microDON et celui de la plus grosse « galère » à l’équipe de l’article des Gueules Cassées.

Qu’en ont pensé les participants ? Quelques retours :

« J’ai appris à rédiger un article en respectant les codes de Wikipédia, notamment la neutralité et l’objectivité. »

« Merci à notre wikipédien qui nous a maternés car il a bien compris qu’on débarquait sur la planète Wikipédia ! »

« Je suis fière de moi et j’ai envie de continuer à contribuer à Wikipédia ! »

Merci aux 11 wikipédiens venus prêter main forte aux débutants et aux partenaires de l’événement. On espère renouveler l’événement l’an prochain pour continuer à rendre le savoir accessible à tous et former de nouveaux contributeurs à l’encyclopédie !

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Liberté de panorama : contradictions de toutes parts !

actualités - 13 avril, 2016 - 15:41
Mercredi dernier, nous vous avions partagé le sort de la liberté de panorama après son passage en commission culture, puis en commission des lois du Sénat. Les débats n’étant pas diffusés en direct, vous pouvez simplement retrouver, depuis quelques jours, leur transcription en deux comptes rendus (ici celui de la commission culture, et, ici, celui de la commission des lois). Il convient de revenir sur les arguments en faveur d’une restriction “non-commerciale“, qui ont été déployés à cette occasion.

Une exception commerciale au détriment des architectes et artistes plasticiens ? FAUX !

Si la sénatrice Mélot semble se féliciter de l’inscription de la liberté de panorama dans le projet de loi « pour une République numérique », elle indique :

Si la France est effectivement l’un des derniers pays à autoriser l’exception de panorama, très rares sont ceux qui permettent un usage lucratif de cette liberté, dans la mesure où il se ferait au détriment des architectes et des artistes plasticiens.

Cette allégation est erronée à double titre :

1) Les pays permettant l’utilisation commerciale sont majoritaires au sein des états membres de l’Union européenne. En effet, sur les 82 % des états membres ayant adopté la liberté de panorama, 74 % d’entre eux ont une liberté de panorama commerciale. Seuls 6 pays ont une liberté de panorama non-commerciale (la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Slovénie).

Carte des législations européennes basée sur l’œuvre de King of Hearts et Quibik [CC BY-SA 4.0]

Gris très foncé : liberté de panorama, y compris dans les intérieurs publics
Bleu
 : liberté de panorama, y compris dans certains intérieurs publics
Bleu clair
 : liberté de panorama, y compris pour les œuvres d’art
Gris
 : liberté de panorama, pour les bâtiments uniquement
Orange
 : liberté de panorama, pour les usages non commerciaux uniquement
Rouge
 : Pas de liberté de panorama



2) Également, sur la base des chiffres d’une étude du Conseil des architectes d’Europe, nous nous apercevons que dans les pays où il existe la liberté de panorama, les architectes sont les mieux payés.

Cette disposition est donc une véritable opportunité économique pour ces créateurs sans jamais remettre en cause leur droit moral.

En Estonie, par exemple, ce sont toutes les associations d’architectes qui demandent à ce que leur liberté de panorama aille au-delà du non-commercial !

Une exception commerciale au détriment des photographes ? FAUX !

Corinne Bouchoux, sénatrice écologique de Maine et Loire ajoute :

Je suis sensible à la situation des photographes : ils ont beaucoup de mal à gagner leur vie. Or, cette disposition pourrait leur porter préjudice.

Nous ne voyons pas en quoi une liberté de panorama commerciale nuirait à la profession, bien au contraire ! Sans restriction “commerciale” les photographes professionnels n’auraient plus à demander une autorisation, pour chaque photographie d’un monument ou d’une sculpture, aux ayants-droit, ni à payer un droit de reproduction. Cela faciliterait, par conséquent, leur travail.

A ce sujet, voici quelques commentaires laissés par des photographes sur notre pétition :

Je signe parce que je suis aussi photographe. Dans chaque pays où je vais, je n’aimerais pas devoir demander une autorisation chaque fois que je fais un cliché.
Gérard MAVEL, Mulhouse, France

Je suis un photographe averti et essaye de publier mes plus belles photos dans les Commons de Wikipédia et suis parfois débouté pour avoir photographié, de près, un bâtiment historique.
Guy LEBÈGUE, France

Je signe car je suis photographe et trouve anormal que de tels monuments historiques soient interdits de photo !
Damien LECARPENTIER, Outreau, France

Je suis moi même reporter photographe et je sais combien ces restrictions sont ridicules et tout à fait invraisemblables.
Gotin MICHEL, France

Photographe, je trouve ces restrictions inadmissibles !
Christophe CUENOUD, France

Je suis étudiant en photographie et j’estime que ces mesures sont contraires à la liberté d’expression.
Philippe LAMBERT, Vivegnis, Belgique

Parce que vivre de la photo n’est déjà pas facile…
Laurent Laveder, pluguffan, France

Colette Mélot conclut en assurant que son « amendement ne satisfait en rien les demandes de Wikimédia ». Ce point est assuré, elle a cédé face aux sociétés d’ayants-droit tout en faisant croire que l’exception pourra profiter aux particuliers et aux associations, alors que la limitation “non-commerciale” rend la liberté de panorama inutilisable en France. Il serait pourtant grand temps pour les sociétés d’ayants-droit de faire primer les intérêts des artistes qu’ils représentent plutôt que les leurs !

Rappelons notre position…

Nous lisons à regret des commentaires mensongers, dans la communication de ces dernières, au sujet de notre “réelle identité” ou de la “véritable finalité de nos actions”.

Ces organisations persistent à qualifier Wikimédia France comme une société américaine, ayant pour but de gagner de l’argent, en ne payant pas les créateurs.

Rappelons que Wikimédia France est une association loi 1901, qui fait partie de l’économie sociale et solidaire et qui œuvre au sein de l’économie de partage. L’association, au même titre que la fondation Wikimedia, n’est absolument pas propriétaire des contenus. Elle se positionne en appui d’une communauté, notamment de photographes (par le biais de son projet Wikimedia Commons). Ce sont ces utilisateurs qui administrent les projets, dans un but de libre diffusion de la connaissance. Notre association ne réalisera donc pas de bénéfice en lien avec la liberté de panorama.

De plus, dans les débats autour du projet de loi « pour une République numérique », nous communiquons ouvertement sur les actions de sensibilisation que nous menons, nous exposons nos arguments publiquement. Nous proposons des rencontres aux auteurs et groupements réticents à cette disposition, afin de leur expliquer nos arguments.

L’ADAGP quant à elle, à court d’arguments, se contente de lancer en l’air des chiffres sur les pertes pour les auteurs qu’engendrerait la liberté de panorama, chiffres que la commission culture inclut dans son avis. Hier, cette organisation indiquait un certain pourcentage, aujourd’hui elle en donne un autre sans jamais expliquer le détail de ces chiffres.

Nous avons, depuis le début des débats en septembre 2015 (via une consultation publique) et constamment depuis, demandé une liberté de panorama réduite :
* aux seules œuvres architecturales ou sculpturales dont les créateurs vivent de la commande publique (excluant ainsi, par exemple, le street art ou les photographies) ;
* aux œuvres étant en permanence dans des extérieurs publics (excluant ainsi toute exposition temporaire, de photos par exemple, mais aussi, les intérieurs publics comme certaines lois européennes le permettent).

Ainsi, après en avoir longuement débattu lors de notre audition avec la rapporteure de la commission culture, il nous semble peu adéquat de signifier que nous défendons « la liberté de panorama dans son acception la plus large » (avis rendu par la commission culture).


Nous avons bon espoir : aucun amendement pour le retrait de la liberté de panorama n’a été déposé, il reste quelques jours pour poursuivre la sensibilisation afin de faire sauter la restriction “non-commerciale”.

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Liberté de panorama, la partie s’amorce au Sénat !

actualités - 6 avril, 2016 - 17:12
Mobilisation de certains sénateurs

Les débats ont commencé au Sénat avec les votes des commissions (le 5 avril en commission culture, notamment et le 6 en commission des lois). Des sénateurs ont bien compris les enjeux d’une vraie liberté de panorama opérante.

Nous saluons leur courage car beaucoup d’entre-eux ont fait l’objet d’un harcèlement orchestré par les sociétés d’ayants-droit pour tenter de les dissuader. Nous désapprouvons ce mode d’action opaque alors que Wikimédia France, au contraire, présente les enjeux publiquement et cherche à sensibiliser tant les politiques que le grand public.


Adoption de l’amendement de Colette Mélot

Colette Mélot, sénatrice de la Seine-et-Marne, a présenté au nom de la commission culture, en tant que rapporteur, un amendement qui rejette clairement l’utilisation “non-commerciale”:

à l’exclusion de tout usage à caractère directement ou indirectement commercial



Précedemment, au mois de janvier, nous avions eu un doute quant à la démarche des députés lors du vote de l’amendement portant sur la liberté de panorama. Nous avions supposé que s’il partait d’une bonne intention (Wikipédia et la participation des particuliers indiqués dans les motifs), c’était la maladresse de sa rédaction qui le rendait inopérant. Ce doute ne peut plus persister aujourd’hui au Sénat.

Alors que nous avons rencontré longuement Colette Mélot, que nous lui avons expliqué la problématique du terme “non-lucratif” sur Internet, elle a fait le choix, sciemment, de confirmer ce concept en ajoutant “directement ou indirectement commercial”.

Les choses sont maintenant très claires, si en séance cet amendement est maintenu tel quel, il ne sera aucunement possible pour des particuliers de poster leurs photos de bâtiments récents que ce soit sur Wikipédia ou sur les réseaux sociaux, etc.

Voir le schéma, ci-dessous, qui démontre que sur Internet, presque tous les espaces peuvent être qualifiés de “commerciaux”.

Schéma résumant les risques de privatisation de l’espace public

La position de Colette Mélot, n’est, semble-t-il pas isolée puisque la Commission des lois a voté favorablement ce texte inutile et hypocrite.


La position du Gouvernement ?

Axelle Lemaire, à l’occasion de son audition hier par la commission des lois, a communiqué sur la liberté de panorama:


#DirectSénat @axellelemaire "Sur la liberté de panorama, la plupart des pays européens l'ont mis en place"

— Contexte Numérique (@contexte_num) 5 avril 2016



Sur la liberté de panorama, @axellelemaire demande s'il faut s'adapter aux usages actuels et donne RDV au débat en séance #PJLNumérique

— Fiona Guitard (@FionaGtrd) 5 avril 2016


La position du Gouvernement est-elle en train d’évoluer ? Si Axelle Lemaire se pose encore ces questions, nous avons des réponses. Pour nous, il est évident que la loi doit correspondre aux usages ou sinon quel est son intérêt !?


Que faire ?

il est certain que la loi ne doit pas être écrite en cédant au chantage de quelques sociétés qui sont prêtes à sacrifier la renommée des auteurs et le partage de la connaissance pour une petite quantité d’argent hypothétique.

Au contraire, la loi doit être élaborée pour permettre au maximum de citoyens d’être protégés et de pouvoir pleinement disposer d’un domaine qui leur est dédié : l’espace public.

Nous ne baissons pas les bras pour autant, les débats en séance auront lieu du 26 avril au 3 mai. Il nous reste encore une vingtaine de jours pour nous mobiliser, notamment en signant et partageant la pétition.

Il faut que la France ait une vraie liberté de panorama afin que les citoyens ne soient pas dans le flou juridique et afin de ne pas pénaliser le tourisme. Comment donner envie à des personnes étrangères de visiter la France si celles-ci ne peuvent pas mettre leurs photos de vacances sur un blog ou sur les réseaux sociaux ? Comment informer sur les différents monuments à voir si les photos ne peuvent être mises en ligne que par les gestionnaires/créateurs de ces monuments ou de leurs modifications ?
Stop aux lois kafkaïennes ! Dotons-nous d’une loi véritablement applicable…

Christel JEANTHEAU, France (commentaire déposé sur la pétition)

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Rencontre autour de l’autisme et de la contribution à Wikipédia

actualités - 4 avril, 2016 - 11:00

Samedi 2 avril à Rennes, Tsaag Valren et Harmonia Amanda, deux wikimédiennes porteuses du syndrome d’Asperger ont raconté lors d’une table ronde leur expérience de contribution sur les projets Wikimedia.

Animée par Auregann, la rencontre partait des questions suivantes : pourquoi la participation à l’encyclopédie collaborative Wikipédia est bénéfique pour les personnes porteuses du syndrome d’Asperger ? Quelles sont les difficultés qu’elles rencontrent ?

Affiche pour la table ronde, CC-BY-SA Auregann

 

Le syndrome d’Asperger fait partie des troubles du spectre autistique qui se caractérisent par des troubles de la communication, des interactions sociales, et des centres d’intérêts spécifiques développés. Malgré les difficultés rencontrées lors des interactions sociales, les deux contributrices ont expliqué en quoi leurs spécificités sont utiles et leurs compétences sont valorisées dans l’activité de contribution.

Sur la Wikipédia en français, seuls une dizaine de contributeurs déclarent leur appartenance aux « Aspies » alors qu’ils sont certainement plus nombreux en réalité.

La rencontre a été enregistrée au format audio, vous pouvez l’écouter sur Commons. Le support de présentation ayant servi pour l’introduction sur l’autisme est également disponible sous licence libre.

Voici quelques ressources pour mieux comprendre Asperger et l’autisme :

 

Tsaag Valren, Auregann et Harmonia Amanda. Photo CC-BY-SA Seb35

Au delà de la table ronde, cette rencontre organisée par les wikimédiens rennais avec le soutien de Wikimédia France a été un moment très convivial d’échange et de partage d’expériences.

Le sujet des personnes autistes sur Wikipédia suscitant beaucoup d’intérêt au sein de la communauté, d’autres rencontres seront certainement organisées par la suite.

Merci encore à Tsaag Valren et Harmonia Amanda d’avoir partagé leur expérience ! Merci à la Maison des Associations de Rennes, à l’association Mathi, et à Wikimédia France pour leur soutien.

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La diffusion libre de la connaissance se développe à Montpellier et alentour

actualités - 29 mars, 2016 - 17:40

Depuis quelques mois, les activités autour des projets Wikimédia se développent dans la région Languedoc-Roussillon avec des éditions de WikiCheese à Nîmes et à Montpellier, la mise en place de Wikipermanences ainsi que l’organisation d’opérations libres.

WikiCheese : premières éditions en région
Le 4 décembre, le Club de la presse de Montpellier, en association avec Wikimédia France et Montpel’libre, ont accueilli le projet WikiCheese pour une première édition en région. À cette occasion, Pierre-Yves Beaudouin, à l’initiative du projet et de son crowdfunding, a photographié une trentaine de fromages dont la majorité produit en Languedoc-Roussillon. Au cours de cette soirée, le rôle fondamental de soutien de Wikimédia France en région pour la diffusion libre de la connaissance, notamment via les projets hébergés par la Wikimedia Foundation, a été rappelé. Le 25 février, c’était au tour du club de la presse de Nîmes, en association avec Montpel’libre et Wikimédia France d’accueillir ce projet WikiCheese. Une quarantaine de personnes ont assisté à cette nouvelle édition. Cette soirée consacrée à la documentation des fromages de la région s’est conclue par une dégustation de fromages et de vins.

L’Opération Libre de Saint-Martin-de-Londres
Les 29 et 30 janvier 2016, le Collectif des Garrigues et Montpel’libre ont souhaité organiser un rendez-vous de production de données sur le modèle des Opérations Libres qui se développent un peu partout en France. C’est à Saint-Martin-de-Londres qu’une centaine de personnes s’est retrouvée pour participer à des ateliers destinés à collecter et partager des données libres, tant visuelles, sonores, botaniques, historiques, architecturales ou encore géographiques, sur ce village du cœur de la garrigue héraultaise. À cette occasion, des projets collaboratifs tels que Tela-Botanica, OpenStreetMap, Wikipédia et Wikimedia Commons ont été abordés.
Un compte-rendu de cet évènement est disponible.

Une rencontre physique entre anciens, nouveaux ou futurs wikipédiens
Enfin, une Wikipermanence a été mise en place le deuxième lundi de chaque mois afin de répondre aux questions, permettre des démonstrations, offrir une aide aux nouveaux ou futurs wikipédiens qui souhaitent acquérir des connaissances et des conseils sur le fonctionnement de Wikipédia ou participer à des projets liés à la libre connaissance.

De nouveaux projets sont à l’étude ou en réflexion, n’hésitez pas à rejoindre la liste ouverte montpellier@lists.wikimedia.fr afin de rester informé-e-s des actualités de notre groupe local ou pour y participer (pour ce faire, vous pouvez faire un e-mail à la liste pour demander l’inscription. A ce jour, ~3-4 mails par mois).

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Régression au parlement #LibertéDePanorama

actualités - 24 mars, 2016 - 14:57
Inconstance dans les prises de positions de nos élus

Alors que nos députés ont voté le 21 janvier, dans le projet de loi « pour une République numérique » une liberté de panorama incomplète, voilà que les sénateurs, suivis par les députés, ce 22 mars (soit 2 mois après), ont inscrit dans le projet de loi « relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine » une disposition donnant un nouveau droit patrimonial, pour les domaines nationaux, sur l’image de leurs bâtiments:

« L’utilisation à des fins commerciales de l’image des immeubles qui constituent les domaines nationaux, sur tout support, est soumise à autorisation préalable du gestionnaire de la partie concernée du domaine national. Cette autorisation peut prendre la forme d’un acte unilatéral ou d’un contrat, assorti ou non de conditions financières. » Vous pouvez retrouver cette adoption en vidéo (de 01:14:38 à 01:16:55).

Quel est le sens de ces dispositions contradictoires ?

En tant que citoyens, nous sommes en droit d’attendre un minimum de cohérence dans la manière dont s’écrit la loi en France.
 

Un copyfraud inscrit dans la loi ?

En instrumentalisant la notion de « non commerciale » ou « non-lucrative » qui comme nous vous l’avons déjà expliqué, présente plus de risques que de clarifications, les responsables politiques vont encore plus loin dans la privatisation de l’espace public.

Jusqu’alors, une redevance pouvait être exigée pour la reproduction d’une architecture, jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur. Aujourd’hui, le législateur vient d’octroyer ce droit, ad vitam æternam, au gestionnaire de ce bien, faisant fi de la logique du droit d’auteur.

L’article L111-3 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que la propriété incorporelle donnée par le droit d’auteur est indépendante de la propriété de l’objet matériel. L’acquéreur d’un objet, d’une œuvre, n’était investi jusqu’alors (du fait de cette acquisition) d’aucun des droits puisqu’il n’a jamais participé à sa création !

Cette disposition est scandaleuse et constitue une nouvelle atteinte à la notion de domaine public. La reproduction de ces œuvres appartient à tout un chacun ! 

 

Le château de Chambord par Arnaud Scherer [CC BY-SA 4.0 ]

  Quelles conséquences pour les projets Wikimedia ?

Alors que nous militons pour une liberté de panorama qui valoriserait davantage notre patrimoine français, cet amendement, digne de l’Ancien Régime, forcerait nos contributeurs à supprimer une grande partie des illustrations de nos domaines nationaux actuellement en ligne sur l’encyclopédie. Ce serait également la fin de notre concours Wiki Loves Monuments dont la remise des prix a eu lieu à la Conciergerie, cette année, par exemple !

Là encore, nous allons œuvrer pour que le Sénat retire cet amendement inattendu, inopérant et liberticide, voté en moins de deux minutes.

Nous pensions que l’absence de liberté de panorama, alors qu’elle est présente dans 82 % des États membres de l’Union européenne, était la position la plus saugrenue que le Gouvernement pouvait soutenir. Mais nous nous sommes trompés : avec cet amendement nous avons touché le fond des stratégies déployées pour empêcher la diffusion de la connaissance.


Vous l’aurez compris, plus que jamais il est important de signer notre pétition !

Sur ce même thème vous pouvez lire un éclairant article de NextInpact.

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Voyages, voyages…

actualités - 21 mars, 2016 - 11:37

Suite de notre panorama des projets Wikimedia moins connus du grand public dans le cadre du Mois de la contribution francophone… Aujourd’hui, découvrez Wikivoyage, à travers l’interview de l’un de ses contributeurs francophones les plus actifs, Amqui, tigre à dents de sabre sur Wikipédia et qui vit au Canada. Son pseudonyme actuel correspond au nom de sa ville natale, Amqui, située dans la vallée de la Matapédia.

Par Jmvkrecords — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

 

Wikimédia France : Amqi, peux-tu nous présenter Wikivoyage ?

Amqi : Wikivoyage est un projet de la sphère Wikimedia ayant pour but la création d’un guide de voyage du monde libre. Il s’agit exactement du même modèle que Wikipédia, mais, au lieu d’une encyclopédie, c’est un guide de voyage. Il rassemble de l’information utile que plusieurs lecteurs recherchent, mais qui n’a pas sa place sur un article encyclopédique sur Wikipédia portant sur le même lieu.

WMFR : Qui sont les contributeurs derrière ce projet ? à qui s’adresse-t-il ?

Amqui : Wikivoyage est créé et développé de la même façon que Wikipédia, c’est-à-dire par des contributeurs volontaires et bénévoles. Évidemment, il s’adresse surtout aux gens intéressés par le voyage, mais peut également être intéressant pour d’autres personnes, comme celles s’intéressant à la géographie par exemple.

WMFR : Comment ou pourquoi t’es-tu intéressé à Wikivoyage ?

Amqui : Je me suis intéressé à Wikivoyage lorsque celui-ci a rejoint la sphère Wikimédia. Avant cela, je ne connaissais pas ce site. Je me suis intéressé à tous les projets de la sphère Wikimedia à un moment ou à un autre, donc celui-ci n’est pas différent. L’intérêt vient du fait que tout est à faire. Alors que la difficulté de contribuer à Wikipédia croît constamment du fait de l’amélioration de la qualité de ses contenus, sur Wikivoyage, tout est encore au stade de création. J’ai d’ailleurs écrit le premier “article étoilé” (équivalent des “bons articles” de Wikipédia) du projet sur la Gaspésie, ma région natale.

Par AleXXw – Travail personnel, CC-BY-SA 3.0

WMFR : Quel est l’intérêt pour toi de contribuer en français sur les projets Wikimedia ?

Amqui : Pour moi, il est important de développer tous les projets dans le plus de langues possibles. Comme le français est ma langue maternelle, il est naturel que je contribue en français dans cette direction. Ceci dit, je suis également impliqué pour tenter de développer des Wikipédias dans des langues plus minoritaires, en particulier les langues indigènes canadiennes. Je trouve important de préserver ces langues car elles font partie intégrante des cultures associées. Il n’en est pas différent du français. Vivant dans un endroit où le français est minoritaire, je vois souvent des jeunes de familles francophones ne parlant pas très bien le français et je trouve cela très dommage. Il est donc important de développer Wikipédia (et les projets frères) dans la langue de tous afin que la connaissance soit vraiment accessible à tout le monde sans passer par la connaissance d’une langue tierce.

WMFR : Vas-tu organiser quelque chose pour le mois de la contribution ?

Amqui : Non, vivant dans un endroit où le français est très minoritaire, organiser un tel événement n’aurait pas de réel impact à mon avis et demanderait trop d’efforts. J’aiderai cependant comme je le peux en ligne avec l’organisation globale.

WMFR : Que dirais-tu à à une personne pour l’inciter à contribuer ? Faut-il des compétences spécifiques ?

Amqui : Il n’y a besoin d’aucune connaissance spécifique pour contribuer, autre qu’un accès Internet. Il y a beaucoup d’autres bénévoles expérimentés prêts à aider les nouveaux contributeurs. Se rendre à un événement tels que ceux organisés dans le cadre du Mois international de la contribution francophone est évidemment l’une des meilleures façons d’apprendre de la part de quelqu’un d’expérimenté en face à face au lieu d’être seul avec son ordinateur ou son téléphone portable, ce qui peut être plus effrayant pour ceux s’y connaissent moins. Il y a de plus en plus d’initiatives organisées afin de rendre la contribution aux projets Wikimédia – dont Wikivoyage et Wikipédia – plus facile, tels que des dépliants expliquant comment contribuer ou même un cours en ligne ouvert et massif (le WikiMOOC ! ndlr). Si quelqu’une ou quelqu’un est intéressé(e) à contribuer à Wikivoyage et a des questions, elle ou il peut me contacter sur ma page de discussion !

 

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Découvrez et partagez notre site et notre pétition sur la liberté de panorama

actualités - 16 mars, 2016 - 16:36

Depuis près de 6 mois, Wikimédia France s’investit dans la promotion d’une liberté de panorama. Ce travail nous a d’abord conduit à l’Assemblée nationale pour rencontrer les députés et leur expliquer en quoi le cadre juridique actuel ne répondait plus aux réalités de l’Internet.

127 députés ont déposé ou soutenu 21 amendements et les votes ont débouché, le 21 janvier 2016, sur une liberté de panorama plus restrictive que la jurisprudence actuelle, ambiguë, et donc inopérante.

La discussion s’amorce en ce moment au Sénat, offrant ainsi une nouvelle opportunité de lever les incohérences et de rendre cette avancée politique réellement applicable.

 

Pour permettre une appropriation de cette notion par le grand public et les politiques, Wikimédia France met, aujourd’hui, en ligne plusieurs outils:

Les pyramides du Louvre par hakkun [CC BY-SA 3.0]

Vous pouvez donc nous aider en :

  • signant cette pétition ;
  • relayant cette pétition et l’adresse du site dans les réseaux sociaux.

 

Merci pour votre soutien !

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